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07/03/2019 15:26 EST | Actualisé 07/03/2019 15:29 EST

Voici les revendications que le Collectif 8 mars présentera au gouvernement Legault

Le regroupement discutera avec la ministre Isabelle Charest, mais pas avec François Legault.

Ryan Remiorz/PC
Gabrielle Bouchard, présidente de la Fédération des femmes du Québec et porte-parole du Collectif 8 mars (2017).

À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Collectif 8 mars revient à la charge avec ses revendications, cette fois auprès du gouvernement Legault, parce qu'il estime que les gouvernements n'ont pas encore compris les répercussions de plusieurs mesures, ou de l'absence de mesures, sur les femmes.

Le Collectif 8 mars doit d'ailleurs rencontrer la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, vendredi après-midi. L'an passé, il avait pu rencontrer, en plus de la ministre responsable de la Condition féminine, le premier ministre Philippe Couillard et, avant lui, la première ministre Pauline Marois. Mais il n'a pu cette année rencontrer le premier ministre François Legault.

«Cette année, c'est difficile à voir ce qui a pu faire que le premier ministre Legault n'a pas cru bon, n'a pas voulu nous rencontrer ou n'a pas pu trouver un moment dans son horaire pour nous rencontrer. C'est étonnant et c'est surtout décevant que le premier ministre ne voie pas l'importance de rencontrer les groupes de femmes le 8 mars», a déploré au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, jeudi, la porte-parole du Collectif 8 mars, Gabrielle Bouchard.

Les revendications


Réinvestissement dans les services publics

Lors de sa rencontre avec la ministre Charest, le Collectif va demander d'abord un réinvestissement dans les services publics, après des années de restrictions budgétaires. Mme Bouchard explique que les femmes sont en plus grand nombre que les hommes comme travailleuses des secteurs public et parapublic, particulièrement en santé et en éducation.

Meilleur financement des organismes communautaires

Le Collectif 8 mars revendique également un meilleur financement des organismes communautaires, notamment pour les femmes victimes de violence conjugale, les victimes d'agression sexuelle. «Les groupes de femmes portent une charge de travail que le gouvernement n'est pas capable de couvrir, même avec un réinvestissement. Les groupes de femmes sont extrêmement importants pour être capables de faire ce travail de première ligne-là, ce travail de proximité», souligne Mme Bouchard.

Pensions alimentaires et aide sociale

Elle demande également que le montant des pensions alimentaires pour enfants ne soit plus comptabilisé dans le calcul des prestations d'aide sociale, de l'aide financière pour les études, pour l'admissibilité à l'aide juridique et pour le soutien financier au logement. «On devrait s'assurer qu'on leur donne toutes les chances possibles, pour elles et leurs enfants, d'être capables de grandir et de vivre, de faire autre chose que survivre», plaide Mme Bouchard.

Hausse du salaire minimum

Le Collectif 8 mars revendique également une hausse du salaire minimum à 15 $ l'heure, d'autant plus que près de 6 travailleurs sur 10 rémunérés au salaire minimum sont des femmes.

Conciliation travail-famille-études

Il demande aussi une loi-cadre en matière de conciliation travail-famille-études, soulignant que malgré l'évolution des comportements, les femmes consacrent encore plus de temps que les hommes aux tâches ménagères et aux soins des enfants.

Analyse différenciée au gouvernement

Finalement, il demande au gouvernement d'appliquer le principe de l'analyse différenciée selon les sexes aux programmes gouvernementaux, aux réformes et budgets. Cette grille d'analyse permet de voir s'il persiste des biais qui défavorisent les femmes dans les différents programmes et mesures. Mme Bouchard donne l'exemple des «mesures d'austérité» des dernières années dans les services publics qui ont davantage affecté les femmes.

Mais le Collectif va même plus loin, ajoutant maintenant l'ADS+, qui inclut les femmes handicapées, provenant des communautés LGBTQ et racisées.

Les membres du Collectif 8 mars:

- Fédération des femmes du Québec

- Femmes de diverses origines

- Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux

- Centrale des syndicats démocratiques

- Centrale des syndicats du Québec

- Confédération des syndicats nationaux

- Fédération autonome de l'enseignement

- Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec

- Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec

- Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec

- Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec

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