POLITIQUE
06/03/2019 12:49 EST | Actualisé 06/03/2019 18:35 EST

Martin Prud'homme temporairement relevé de ses fonctions à la tête de la Sûreté du Québec

En raison d'une allégation relative à des infractions criminelles le concernant.

THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot
Martin Prud'homme directeur général de la Sûreté du Québec (SQ)

QUÉBEC — Le directeur général de la Sûreté du Québec (SQ), Martin Prud'homme, a été relevé de ses fonctions temporairement mercredi en raison d'une allégation relative à des infractions criminelles qui n'a pas été précisée.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, en a fait l'annonce dans une brève conférence de presse au parlement. C'est le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) qui mènera l'enquête.

Le gouvernement, qui nomme le directeur général de la SQ, a désigné Mario Bouchard pour assurer l'intérim.

Au cours de sa carrière, M. Prud'homme avait notamment été chargé de la mission de "faire le ménage" au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en décembre 2017 en raison de plusieurs problèmes internes.

Le Secrétariat aux emplois supérieurs a été informé de l'allégation mardi et c'est lui qui a évalué la situation, a indiqué Mme Guilbault, qui a été informée le même jour.

La secrétaire générale associée aux emplois supérieurs du Conseil exécutif a pris la décision "administrative" de le suspendre avec solde. Mme Guilbault a néanmoins dit que c'est le gouvernement qui a pris "une mesure préventive" et qu'il a voulu agir rapidement pour rassurer la population.

La Presse canadienne a tenté d'en savoir davantage concernant "l'évaluation de la situation" menée par le Secrétariat aux emplois supérieurs. Les questions adressées au porte-parole du Secrétariat portaient sur la nature de l'évaluation, le protocole ou les critères utilisés.

Pour toute réponse, le porte-parole du ministère du Conseil exécutif, Jean Auclair, a indiqué par courriel en soirée que "la secrétaire générale associée aux emplois supérieurs du ministère du Conseil exécutif a pris la mesure administrative de relever provisoirement monsieur Prud'homme de ses fonctions, le temps nécessaire à la réalisation de l'enquête et à l'examen approfondi de la situation", soit la déclaration déjà fournie par la ministre.

M. Prud'homme a été rencontré mercredi, et non arrêté, a précisé Mme Guilbault. Elle n'a pas voulu préciser la nature de l'allégation, ni si elle était liée aux fonctions de M. Prud'homme, ni sur quelle période de temps elle portait.

C'est bien sûr une situation qui est délicate, qui est complexe. On veut surtout éviter de nuire à l'enquête.Geneviève Guilbault

Elle a insisté pour rappeler qu'il s'agit d'une allégation et non d'une accusation.

L'opposition officielle libérale a salué la décision du gouvernement. Dans un communiqué, la porte-parole libérale en matière de sécurité publique, Christine St-Pierre, a déclaré qu'on a "pris la décision que tout gouvernement se devait de prendre en pareilles circonstances".

Elle a ajouté que la situation était "préoccupante" et qu'elle souhaite que la lumière soit faite rapidement.

M. Prud'homme est le gendre de Robert Lafrenière, l'ancien commissaire de l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) ont déjà soulevé des inquiétudes concernant ces liens familiaux.

L'an dernier, Le Devoir avait rapporté que l'UPAC avait organisé deux rencontres avec M. Prud'homme, au sujet de ses liens d'amitié avec le député Guy Ouellette, lui-même un ancien policier.

On apprenait notamment que le député l'avait prévenu que deux personnes étaient mécontentes de la progression d'une enquête de la SQ touchant le SPVM. Guy Ouellette aurait aussi confié qu'un enquêteur de l'UPAC le haïssait.

M. Prud'homme a été nommé à la tête de la SQ en 2014, sous le gouvernement Couillard.

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