POLITIQUE
04/03/2019 14:53 EST | Actualisé 04/03/2019 14:54 EST

Un «deal» avec Facebook? Le NPD veut des réponses

L'ancien ministre conservateur Christian Paradis se serait engagé à assouplir certaines règles afin d'attirer un centre de données Facebook au Canada.

ASSOCIATED PRESS

Le député néo-démocrate Charlie Angus demande à la commissaire fédérale au lobbying d'ouvrir une enquête sur la conduite de Facebook au Canada.

Des médias britanniques soutiennent que l'ancien ministre conservateur Christian Paradis aurait été contraint de prendre des engagements pour assouplir les règles canadiennes de protection des renseignements personnels afin d'obtenir l'installation au Canada d'un centre de données Facebook.

Dans une lettre à la commissaire fédérale au lobbying, Nancy Bélanger, M. Angus souhaite que le gouvernement examine les articles de l'«Observer» et de «Computer Weekly» selon lesquels l'ancien ministre conservateur de l'Infrastructure aurait assuré Facebook Canada que si un centre de données était installé au pays, les autorités fédérales n'exerceraient pas leur juridiction sur des données non canadiennes pour ce qui a trait à la protection des renseignements personnels.

La Presse canadienne n'a pas consulté les documents ni vérifié leur contenu de manière indépendante et les demandes d'entrevue adressées à M. Paradis sont restées sans réponse.

Culture du secret?

Dans sa lettre, M. Angus explique qu'il ne trouve aucune trace, dans les documents publics, des réunions entre le bureau de M. Paradis et Facebook. Il soutient qu'il s'était déjà plaint auprès du responsable de la politique publique de Facebook au Canada, Kevin Chan, de cette apparente culture du secret sur les réunions avec des responsables gouvernementaux.

M. Angus dit craindre que cette affaire ne soit que la «pointe de l'iceberg», plus particulièrement en raison du «pouvoir économique énorme» de Facebook et de sa capacité à faire en sorte que les politiques gouvernementales se plient à ses exigences.

Un porte-parole de Facebook Canada a déclaré dans un courriel à La Presse canadienne que la société pouvait en dire peu sur les allégations, car ces articles sont basés sur des documents mis sous scellés par un tribunal californien et ne «racontent qu'une partie de l'histoire, en omettant le contexte plus large».

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