POLITIQUE
01/03/2019 14:39 EST | Actualisé 01/03/2019 16:43 EST

Jean-François Lisée avait proposé à Véronique Hivon de lui céder la chefferie du Parti québécois

Il l'a fait à deux reprises, dont la deuxième à quelques mois seulement du déclenchement des élections.

Photo d'archives de Jean-François Lisée et Véronique Hivon.

À deux reprises, l'ancien chef du Parti québécois (PQ) Jean-François Lisée, a proposé à Véronique Hivon de prendre sa place parce qu'il jugeait qu'il «tirait le PQ vers le bas», révèle-t-il dans un long texte publié vendredi sur le site du magazine «L'Actualité».

"Je crois que tu dois te préparer à devenir chef du Parti québécois", a-t-il glissé en décembre 2017 à la députée de Joliette et ancienne vice-chef du parti, selon le récit de l'ancien chef péquiste, qui revient sur la campagne électorale qui a mené aux pires résultats électoraux dans l'histoire du PQ.

À l'époque, écrit M. Lisée, l'option a toutefois été écartée en raison de la "méthode d'atterrissage" de Mme Hivon, qui n'aurait peut-être pas été la seule à vouloir le poste.

Véronique Hivon est finalement devenue vice-chef du PQ en janvier 2018.

Les discussions sur cette éventualité n'étaient pas pour autant closes. À la fin du mois de juin, il a une fois de plus été question que Mme Hivon prenne les rênes du PQ.

La vice-chef a finalement refusé, car selon M. Lisée, elle craignait qu'un changement de chef à quelques mois des élections ne fasse paraître le parti comme étant désorganisé.

En point de presse dans les locaux de la tribune de la presse de l'Assemblée nationale, vendredi, la députée de Joliette a expliqué qu'elle était réticente à l'idée étant donné qu'elle "faisait abstraction des règles démocratiques" du parti.

"Ça faisait abstraction notamment de quelque chose qui est quand même pas banal du fait qu'Alexandre Cloutier était arrivé deuxième à la course à la chefferie qui avait eu lieu l'année auparavant", a-t-elle soutenu.

J'étais évidemment pas du tout d'accord avec le plan.Véronique Hivon

Difficultés du PQ

Dans son long récit, M. Lisée revient également sur les mois qui ont précédé les élections, et sur la campagne électorale elle-même. Selon lui, deux facteurs ont contribué à nuire au PQ quelques mois avant le scrutin: la crise au Bloc québécois et les discussions incessantes sur la mort éventuelle du parti.

"La volonté d'une grande partie de l'électorat d'éviter la répétition d'un processus référendaire se traduit par une réticence

à voter PQ, ce qui est compréhensible. Mais elle génère dans les médias, je le crois vraiment, le narratif incessant, injuste et malsain du décès annoncé du PQ et de son option", écrit-il.

La déconfiture des libéraux et la victoire importante de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Louis-Hébert ont aussi contribué au résultat du 2 octobre, selon lui.

"La victoire de la CAQ fut écrasante. Jusque-là, l'électorat pensait que les libéraux étaient indélogeables. Avec Louis-Hébert, il apprenait trois choses: les libéraux peuvent être battus; c'est la CAQ qui peut les battre; le PQ n'est plus dans la course."

À voir également: notre série «Politique: quand vient le divorce»