BIEN-ÊTRE
28/02/2019 15:49 EST | Actualisé 28/02/2019 15:53 EST

«Thierry Mugler Couturissime», l'éblouissante expo mode qui débute à Montréal

Une rétrospective née ici à Montréal et dont il faut s'enorgueillir!

Photo : © The Helmut Newton Estate.
Helmut Newton, Jerry Hall et Thierry Mugler, Paris, 1996.

Il y a des expositions qui marquent une vie (à tout jamais), «Thierry Mugler Couturissime» en fait partie. Cette rétrospective du génie français le plus créatif, le plus libre, le plus exubérant de tous les temps s'il en est, est une pure merveille. Elle débute ce samedi 2 mars et se poursuit jusqu'au 8 septembre 2019.

Chaque modèle présenté est une source d'émerveillement et d'enchantement pour tous les âges. Et dire qu'elle a vu le jour ici à Montréal grâce au Musée des beaux-arts de Montréal - dirigé par Nathalie Bondil - et le commissaire de l'exposition Thierry-Maxime Loriot - le même qui a signé «La Planète mode de Jean Paul Gaultier». Cette dernière a été l'exposition mode la plus vue au monde avec 2,2 millions de visiteurs à travers 12 musées.

Max Abadian

Une rétrospective rare

Plus de 140 tenues jamais exposées sauf exception, réalisées entre 1973 et 2001, en plus de nombreux documents d'archives inédits et croquis sont exposés. Une centaine de photographies signées par les plus grands artistes – Helmut Newton, Sarah Moon, Pierre et Gilles, David LaChapelle, Paolo Roversi, Herb Ritts, Dominique Issermann, Guy Bourdin et Richard Avedon, pour n'en nommer que quelques-uns – complète l'exposition.

Chacune des galeries immersives a été imaginée en collaboration avec des artistes-designers ou scénographes tels que Michel Lemieux, Philipp Fürhofer et la compagnie d'effets spéciaux Rodeo FX.

Montréal, sur le devant de la scène

Ce projet d'envergure internationale propulse une fois de plus Montréal sur le devant de la scène mondiale mode (ce n'est pas rien!). Surtout que de nombreux musées parmi les plus prestigieux au monde ont essayé de produire cette grande rétrospective du couturier français sans y parvenir.

Photo : © Dominique Issermann.
Dominique Issermann, Jerry Hall. Photo : © Dominique Issermann. Tenue : Thierry Mugler, collection Les Insectes, haute couture printemps-été 1997.

«Thierry Mugler a refusé le MET à New York notamment qui souhaitait l'exposer. C'est Babeth Djian - fondatrice du magazine de mode Numéro en France - qui lui a parlé de moi et de mon travail via l'exposition consacrée à Jean Paul Gaultier. Il ne souhaitait pas une exposition funéraire - ce qui est aux antipodes de mon approche - et lorsque nous nous sommes rencontrés ce fut un coup de foudre professionnel!» explique Thierry-Maxime Loriot.

Ainsi est née une exposition qui propose un regard inédit sur le travail de ce couturier à la créativité débordante et qui a a su mieux que personne mettre en scène la mode à travers le vêtement.

«Lorsque je suis arrivé avec le projet, Nathalie Bondil a embarqué, elle est incroyable. D'ailleurs l'équipe du MBAM est absolument extraordinaire comme il y en a peu dans le monde.»

Un rare créateur libre de créer!

Pendant près de 30 ans, Thierry Mugler a été à la tête de sa marque éponyme de 1973 à 2001. C'est aujourd'hui la maison Clarins qui est propriétaire du patrimoine et l'a restauré - les mêmes qui produisent ses parfums, dont le fameux Alien.

S'il fallait résumer ces oeuvres signées Mugler: «on dirait que c'est une mode non référencée qui ne s'inspire pas de l'industrie de la mode, mais d'un monde fantastique. Comprenez qu'il appartient à cette catégorie de créateurs qui a eu la liberté de créer contrairement à aujourd'hui. Cette liberté désormais absente dans cette industrie», explique le commissaire de l'exposition.

Photo: © Patrice Stable.
Patrice Stable. Outfit: Thierry Mugler, Les Insectes collection, haute couture printemps-été 1997.

Les griffes de mode étant désormais propriété la plupart de grands groupes et dirigées par les profits et les contraintes du marché qui annihilent par essence toute créativité.

«Il faut comprendre qu'on ne peut être créatif sans sortir des sentiers battus!» Thierry-Maxime Loriot

Un couturier qui fascine

Les stars notamment dont David Bowie qui portait ses modèles pour femme bien avant qu'il ne crée pour l'homme. On pourrait nommer également quelques-unes d'elles telles que Lady Gaga, Rihanna, Katy Perry, Céline Dion, ou encore Kim Kardashian venue pour la première de cette exposition à Montréal - par pure admiration et amitié pour Thierry Mugler ce 25 février.

On ne commencera pas non plus à énumérer le nombre (quasi) infini des plus grands top modèles qu'il a fait défiler. On citera seulement Tyra Banks venue embrasser son mentor ce 26 février à Montréal.

Courtoisie
Lady Gaga dans le vidéoclip de la chanson « Telephone » (album The Fame Monster, 2010), réalisé par Jonas Åkerlund. Tenue : Thierry Mugler, collection Anniversaire des 20 ans, prêt-à-porter automne-hiver 1995-1996.

«Tyra Banks a confié que c'est grâce à lui qu'elle avait connu la célébrité», raconte Thierry-Maxime Loriot. Il faut dire que les défilés-spectacles du couturier sont uniques. Il sait mieux que quiconque magnifier les femmes et son univers fascine.

Ces modèles se transforment au cours des saisons de robots en amazones débridées de féminité se parant de délicates parures évoquant parfois même un bestiaire fantastique.

Photo : © The Helmut Newton Estate
Helmut Newton, Johanna; Vogue (US), novembre 1995. Photo : © The Helmut Newton Estate. Tenue : Thierry Mugler, Collection Anniversaire des 20 ans, prêt-à-porter automne-hiver 1995-1996.

Au fil du temps, son oeuvre oscillant entre arts et sciences reste marquée par Strasbourg - sa ville de coeur - et cet esprit gothique qui s'en dégage. L'inspiration engendrée par la fameuse ville française alsacienne demeure une constante que l'on retrace tout au long de son oeuvre infiniment riche, travaillée, luxuriante, éblouissante et inoubliable.

Montréal Couture

Présentée en parallèle de la rétrospective «Thierry Mugler: Couturissime», l'exposition Montréal Couture réunit les créations réalisées par une sélection de designers confirmés et de talents émergents qui définissent, chacun avec leur style distinctif, la mode québécoise d'aujourd'hui : Philippe Dubuc, Denis Gagnon, Ying Gao, Helmer Joseph, Nathon Kong, Marie-Ève Lecavalier, MARKANTOINE, Fecal Matter, Atelier New Regime, et Marie Saint Pierre. Une sacrée vitrine pour nos talents locaux.

Max Abadian

« Les dix créateurs de mode québécois mis en lumière dans cette exposition, qu'ils soient établis ou qu'ils appartiennent à la nouvelle génération, représentent un échantillon du talent prononcé que l'on retrouve en mode et design au Québec, en ce moment. Formés pour la plupart ici, ces créateurs, grâce à leur originalité audacieuse, démontrent clairement qu'il y a de la place pour l'innovation hardie, l'expérimentation et l'artisanat, et qu'il est possible d'avoir une résonance et un rayonnement global », souligne Thierry-Maxime Loriot.