POLITIQUE
28/02/2019 10:54 EST | Actualisé 28/02/2019 13:19 EST

Justin Trudeau réfléchit encore sur le sort de Jody Wilson-Raybould au sein du caucus libéral

Mercredi, l'ex-ministre de la Justice a affirmé qu'elle ne s'attendait pas à être exclue du caucus.

OTTAWA — Justin Trudeau n'a pas décidé s'il gardera Jody Wilson-Raybould dans son équipe de députés. Et il maintient qu'il est "tout à fait en désaccord avec les conclusions" que son ex-ministre de la Justice a partagées dans un témoignage explosif sur l'affaire SNC-Lavalin.

"J'ai pris connaissance de son témoignage, il y a encore des réflexions à avoir par rapport à son statut à l'intérieur du caucus", a-t-il déclaré en marge d'une annonce au siège de l'Agence spatiale canadienne, jeudi, à Longueuil.

Les élus du comité permanent de la justice et des droits de la personne ont entendu mercredi la version des faits de Mme Wilson-Raybould, qui a accusé le premier ministre et son entourage de lui avoir fait subir des pressions "constantes et soutenues", voire des "menaces voilées".

Pendant près de quatre heures, en s'appuyant sur une chronologie détaillée de rencontres, échanges de textos ou discussions téléphoniques, elle a fait état d'une campagne de pressions "inappropriées" s'étant échelonnée sur quatre mois entre septembre et décembre 2018.

Le premier ministre a réitéré jeudi - comme il le fait depuis que cette affaire a éclaté avec la parution d'allégations dans un article du Globe and Mail - que lui et ses proches conseillers avaient toujours agi de façon "appropriée".

Ainsi, la "vérité" de l'ex-ministre n'est pas la sienne.

Alors qui croire? Justin Trudeau a évoqué jeudi des "divergences de perspectives", et il a fait valoir qu'il s'en remettait à l'examen du comité ainsi qu'à l'enquête qu'a déclenchée le commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique sur cette histoire.

Il a par ailleurs de nouveau martelé que si l'ancien président du Conseil du trésor Scott Brison n'avait pas démissionné, il n'y aurait pas eu de remaniement en janvier dernier, et que Jody Wilson-Raybould serait toujours à la barre du ministère de la Justice.

Celle qui est redevenue simple députée a perdu son portefeuille lors ce de jeu de chaises musicales survenu le 14 janvier dernier. En comité, mercredi, elle a affirmé qu'elle croit que "cela était dû à l'affaire SNC-Lavalin", mais qu'au bureau du premier ministre, on avait "nié".

À l'issue de l'exercice, lorsqu'on lui a demandé pourquoi elle restait au caucus libéral, elle a répondu qu'elle était "fière d'être députée de Vancouver-Granville", qu'elle avait été "élue députée libérale" et que cela n'avait "pas changé".

"Je ne m'attends pas à être exclue du caucus", a-t-elle ajouté.

La ministre démissionnaire a eu droit à un interrogatoire serré de la part de ses collègues libéraux en comité, eux qui étaient là pour tenter de trouver des failles dans son récit. Ils lui ont notamment demandé à plusieurs reprises pourquoi elle n'avait pas démissionné plus tôt.

Alors que Jody Wilson-Raybould témoignait, une élue libérale reconnue pour son franc-parler, Celina Caesar-Chavannes, a écrit sur Twitter un message qui semblait destiné à sa camarade de caucus. "La vérité est le pouvoir. Fière de toi", lit-on sur son fil.

La semaine dernière, elle avait manifesté son soutien sur le même réseau social. "Désolée de n'avoir pu être là pour toi @Puglaas. #Jesuisavecelle", a-t-elle écrit, après avoir manqué le vote sur la motion de l'opposition qui réclamait la tenue d'une enquête publique sur l'affaire.

S'apprête-t-elle à quitter la bande libérale? Son adjoint politique a assuré que non. "Celina demeurera membre du caucus libéral", a écrit David Frank-Savoie dans un courriel. Il a décliné la demande d'entrevue de La Presse canadienne, l'élue étant "indisponible".