POLITIQUE
28/02/2019 13:41 EST | Actualisé 28/02/2019 13:54 EST

Andrew Scheer demande une enquête de la GRC sur l'affaire SNC-Lavalin

Le chef conservateur avait réclamé la démission de Justin Trudeau, mercredi.

La Presse canadienne/Ryan Remiorz

OTTAWA - Les conservateurs ont réussi à obtenir un débat d'urgence en Chambre sur l'affaire SNC-Lavalin, qui se mettra en branle à 19 h. Lorsqu'elle a plaidé sa cause, la leader parlementaire Candice Bergen a affirmé que Justin Trudeau avait perdu l'autorité morale de gouverner.

Son chef Andrew Scheer avait tenu des propos similaires, mercredi soir, lorsqu'il a réclamé la démission du premier ministre. Il a par le fait même souligné que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) devrait mener enquête.

Il est passé de la parole aux actes. Le leader a envoyé une lettre à la commissaire de la police fédérale, Brenda Lucki, pour lui demander d'"utilise(r) toutes les ressources" pour "enquêter de manière juste et exhaustive" sur tout acte "criminel potentiel" ayant pu être commis.

Le premier ministre Trudeau a signalé jeudi matin à Longueuil qu'"à (sa) connaissance", aucun membre de sa garde rapprochée n'avait été contacté par la GRC.

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Cela fait suite au témoignage explosif de Jody Wilson-Raybould sur l'affaire SNC-Lavalin, mercredi. L'ancienne ministre de la Justice a accusé le premier ministre et son entourage de lui avoir fait subir des pressions "constantes et soutenues", voire des "menaces voilées" pour éviter un procès à SNC-Lavalin.

Legault inquiet

Du côté de l'Assemblée nationale, le premier ministre François Legault s'est montré préoccupé de la situation dans laquelle se trouve la firme d'ingénierie, qui emploie des milliers de personnes et dont le siège social se trouve à Montréal.

"La situation demeure très inquiétante, parce que le prix de l'action a baissé, il n'y a pas d'actionnaire de contrôle", a-t-il offert en mêlée de presse.

Si, effectivement, SNC-Lavalin ne peut pas avoir de contrats publics pendant 10 ans, si le procès dure deux, trois ans, effectivement ça crée des gros problèmes et des gros risques pour l'emploi.François Legault

Il a cependant refusé de se prononcer sur le bras de fer Trudeau/Wilson-Raybould qui se joue sur l'autre colline: "Je n'étais pas là. Est-ce que M. Trudeau a fait de la pression indue, je ne peux pas répondre. Il y a deux versions contradictoires, mais je n'étais pas là".

Sa ministre de la Justice et procureure générale, Sonia LeBel, a exprimé des craintes par rapport à l'intégrité des institutions.

"Je suis plutôt inquiète pour le respect de nos institutions et, si ce qu'on allègue est vrai, c'est effectivement inquiétant qu'on ait fait des pressions et ça, ça m'inquiète grandement", a-t-elle offert au micro des journalistes.

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