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27/02/2019 09:14 EST | Actualisé 27/02/2019 14:45 EST

Michael Cohen peu flatteur envers Donald Trump et suspecte une possible collusion avec la Russie en 2016

Le ton a vite été donné devant la commission d'enquête de la Chambre des représentants.

Le président américain Donald Trump "est un raciste. C'est un escroc. C'est un tricheur", a asséné l'ancien avocat personnel du président américain, Michael Cohen, en ouverture de son témoignage explosif mercredi devant le Congrès américain.

Durant son témoignage, Cohen a également affirmé qu'il suspectait l'existence d'une possible collusion entre l'équipe de campagne de Trump et la Russie en 2016.

Le ton a vite été donné devant la commission d'enquête de la Chambre des représentants, à Washington.

L'air sérieux, les traits tirés, Michael Cohen a affirmé que M. Trump connaissait à l'avance les révélations de WikiLeaks sur sa rivale Hillary Clinton.

"On s'est demandé si j'avais connaissance de preuves directes démontrant que M. Trump, ou son équipe de campagne, avait comploté avec la Russie. Je n'en ai pas. Je veux être clair. Mais j'ai des soupçons", a déclaré Michael Cohen.

Il a aussi expliqué comment il avait reçu pour instruction de son ex-patron de mentir sur un projet immobilier en Russie en pleine campagne présidentielle de 2016.

Signe des tensions politiques entourant toute cette affaire, l'ouverture des débats, retransmis en direct, a été marquée par une passe d'armes entre des républicains, alliés de Donald Trump, et le président démocrate de la commission, Elijah Cummings.

Devant les dizaines de membres de la commission, Michael Cohen devrait, au cours de plusieurs heures, parler en détails des affaires privées du président américain et de ses liens avec la Russie, qui auraient pu influencer son élection en 2016.

Sa longue déclaration dresse un portrait ravageur de l'homme d'affaires devenu 45e président des Etats-Unis, pour qui Michael Cohen, 52 ans, a commencé à travailler en 2007.

La voix tremblante, Michael Cohen a parlé de sa famille, s'excusant d'avoir mal agi au service de Donald Trump.

Cohen "suspecte" une collusion

Michael Cohen a dit qu'il n'avait pas de preuves d'une éventuelle collusion entre l'équipe de campagne du candidat républicain et la Russie en 2016, mais qu'il en suspectait l'existence.

L'ex-avocat de Donald Trump a aussi affirmé que les discussions sur un important projet immobilier à Moscou de la société de Donald Trump s'étaient prolongées courant 2016. Le magnat des affaires a au contraire maintes fois affirmé que ni lui, ni ses collaborateurs, n'étaient liés à des intérêts russes ni en discussions avec des Russes pendant sa campagne électorale.

EN VIDÉO: Trump savait à l'avance les révélations de WikiLeaks

"Soyons clairs: M. Trump était au courant et a dirigé les négociations Trump à Moscou tout au long de la campagne et a menti à ce sujet. Il a menti parce qu'il n'aurait jamais pensé gagner l'élection", a déclaré M. Cohen.

"Il a aussi menti à ce propos parce qu'il pensait gagner des centaines de millions de dollars grâce au projet immobilier de Moscou".

"Aujourd'hui, je suis ici pour dire la vérité sur M. Trump. J'ai menti au Congrès (lors d'une précédente audition, ndlr) au sujet de quand M. Trump a arrêté de négocier le projet de tour à Moscou en Russie. J'ai dit que nous avions arrêté de négocier en janvier 2016. C'était faux. Nos négociations se sont poursuivies des mois plus tard pendant la campagne", a-t-il soutenu.

"M. Trump ne m'a pas dit directement de mentir au Congrès. Ce n'est pas comme ça qu'il fonctionne", a-t-il ajouté.

"Lors de conversations que nous avons eues durant la campagne, alors même que je négociais activement en Russie pour lui, il me regardait dans les yeux et me disait qu'il n'y avait aucun projet en Russie puis sortait et mentait aux Américains en répétant la même chose". "A sa façon, il me disait de mentir", a encore dit M. Cohen.

"Il ment"

Depuis mardi et une première audition, la Maison-Blanche et Donald Trump lui-même, en voyage au Vietnam pour son deuxième sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, attaquent la crédibilité de l'ex-avocat, condamné en décembre à trois ans de prison pour fraude fiscale, parjure et infraction au code électoral. Radié du barreau, il sera incarcéré le 6 mai.

"Michael Cohen a été l'un parmi de nombreux avocats qui m'ont représenté (malheureusement)", a tweeté Donald Trump mercredi. "Il ment afin de réduire sa peine de prison", a-t-il accusé.

Dès le petit matin, une parlementaire démocrate siégeant à la commission d'enquête, Jackie Speier, prononçait le mot "impeachement" lors d'un entretien sur la radio publique NPR, en affirmant que si son témoignage était "aussi explosif qu'il le semble", cela pourrait offrir les fondements pour le "début d'une procédure de destitution" du président.

Mardi, M. Cohen entamé trois jours d'auditions avec un témoignage marathon - celui-ci à huis clos - devant la commission sénatoriale du Renseignement.

Il s'est expliqué sur ses mensonges initiaux lors d'une première audition en 2017, notamment sur ses contacts avec des responsables russes au sujet du projet immobilier à Moscou en 2016.

Paiements à une actrice porno

Mercredi, les membres de la commission d'enquête de la Chambre - où siègent les élues de l'aile gauche et figures ultra-médiatiques du parti démocrate Alexandria Ocasio-Cortez et Rashida Tlaib - devrait l'interroger à l'envi sur les finances de l'Organisation Trump, pour laquelle il a travaillé pendant dix ans, les déclarations d'impôts du promoteur, les comptes douteux de sa fondation et un projet de construction à Moscou en 2016.

Sans oublier les 280 000 dollars qu'il a versés lors de la campagne à deux femmes, l'ancienne actrice pornographique Stormy Daniels et la playmate Karen McDougal, pour acheter leur silence sur leurs liaisons supposées avec le milliardaire.

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Michael Cohen a annoncé qu'il présenterait aux parlementaires "une copie du chèque" venant, selon lui, du compte personnel de M. Trump et que ce dernier avait signé après être devenu président, en janvier 2017, pour lui rembourser le paiement à Stormy Daniels.

L'ex-avocat a aussi déclaré: "Lors de conversations que nous avons eues durant la campagne, alors même que je négociais en Russie pour lui, il me regardait dans les yeux et me disait qu'il n'y avait aucun projet en Russie puis sortait et mentait aux Américains en répétant la même chose".

"A sa façon, il me disait de mentir", va-t-il dire.

A propos du racisme, M. Cohen affirme que M. Trump "est bien pire" que ce qu'il a donné à voir. "Une fois, il m'a demandé si je pouvais nommer un pays dirigé par une personne noire qui ne soit pas un 'pays de merde'. A l'époque Barack Obama était président des Etats-Unis".

Jeudi, Michael Cohen témoignera, à huis clos, devant la commission du Renseignement de la Chambre.

Il ne devrait pas s'exprimer sur l'enquête du procureur spécial Robert Mueller à laquelle il a collaboré, qui porte sur ces soupçons de collusion et d'entrave à la justice du président américain.

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