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26/02/2019 16:07 EST | Actualisé 26/02/2019 16:12 EST

Georges Laraque n'est pas surpris des gestes racistes dans la LNAH

«Je ne peux pas croire que la situation ait dégénéré au point où même la famille a été impliquée, qu'on soit presque allé jusqu'à agresser sa famille.»

Capture d'écran LNAH.TV
Jonathan Diaby insulté par un partisan.

MONTRÉAL — L'ex-hockeyeur de la Ligue nationale Georges Laraque n'est guère étonné, même en 2019, qu'un joueur de race noire de la Ligue de hockey nord-américaine de hockey (LNAH) ait été victime de gestes à caractères racistes pendant un match à Saint-Jérôme, samedi, et que sa famille ait aussi été la cible d'une poignée de partisans.

«Ça ne me surprend pas du tout, mais je ne peux pas croire que la situation ait dégénéré au point où même la famille a été impliquée, qu'on soit presque allé jusqu'à agresser sa famille», a déclaré l'animateur du 91,9 Sports à La Presse canadienne.

«Il y a encore tellement de chemin à faire dans la société pour qu'il y ait égalité. Dans les arénas, le hockey est considéré comme un sport de Blancs et le racisme dans le hockey, c'est trop facile. J'en ai été victime tout au long de mon parcours au hockey mineur. La LNAH doit faire comme dans la LNH et avoir un règlement qui oblige une équipe à agir en cas de tels incidents, d'expulser les spectateurs fautifs.»

Lors d'un match impliquant les Marquis de Jonquière et les Pétroliers du nord de St-Jérôme, le défenseur jonquiérois Jonathan-Ismaël Diaby a été la cible de partisans, qui lui ont lancé des insultes à caractère raciste en plus de lui montrer des vidéos de singe alors qu'il se trouvait au banc des pénalités.

L'ex-choix des Predators de Nashville a aussi constaté qu'on s'en prenait à sa famille. Craignant de ne pas être en mesure de garder son calme après avoir écopé d'une deuxième pénalité, il a lui-même demandé à l'arbitre de purger cette pénalité au vestiaire. C'est à ce moment qu'il a décidé d'aller chercher sa famille — Diaby est originaire de la région — et de quitter l'aréna régional Rivière-du-Nord.

À VOIR: Les insultes racistes contre Jonathan Diaby créent une vague d'indignation. L'article se poursuit sous la vidéo.

Selon la description des événements de Diaby, le service de sécurité, au lieu de mettre les fautifs dehors, a demandé à sa famille de se déplacer, tandis que le gars qui lui montrait des vidéos racistes au banc des punitions, on ne lui a demandé que de s'asseoir.

«C'est ridicule! a ajouté Laraque. Pourquoi embaucher de la sécurité si elle ne fait pas son travail et n'expulse pas les gens qui commettent des gestes disgracieux? Il y avait 1250 personnes dans les gradins, pourquoi personne n'a rien fait pour stopper la trentaine de personnes qui ont pollué l'atmosphère?»

Du côté du club, on a refusé de commenter davantage le dossier, estimant que tout ce qui devait être dit l'avait été. Au sujet de la sécurité, un porte-parole a toutefois affirmé que «les mesures nécessaires seront prises et que ces comportements intolérables ne seront plus tolérés».

Il semble que ce ne soient pas les premiers incidents du genre à se produire dans la LNAH. Même la Ligue des Noirs du Québec en a été saisie par le passé.

«Nous avons reçu plusieurs plaintes au sujet d'incidents du genre (dans la LNAH). Nous croyons qu'il devrait y avoir des sanctions et que ce devrait être tolérance zéro, a déclaré le président de l'organisme, Dan Philip. Les responsables de cette ligue ne le font pas et c'est regrettable.»

Ce qui aurait dû se produire, c'est que le match aurait dû être stoppé jusqu'à ce qu'on mette ces gens dehors. Georges Laraque

Il semble que la LNAH ne compte pas sanctionner le club de St-Jérôme pour l'indiscipline de ses partisans. Le commissaire du circuit semi-professionnel québécois, Jean-François Laplante, n'a pas retourné les messages de La Presse canadienne.

«L'organisation a un rôle au niveau de la sécurité, mais au niveau des propos racistes, non. On ne peut pas cibler une population», a soutenu le commissaire à La Presse+.

«La ligue n'a rien à voir là-dedans, a encore dit Laraque. Ce qui aurait dû se produire, c'est que le match aurait dû être stoppé jusqu'à ce qu'on mette ces gens dehors. Ils ne l'ont pas fait. Ce que (Jean-François Laplante) aurait dû dire, c'est qu'il n'y a pas encore de règles contre ce genre de gestes. Au lieu de publier sa vidéo sur les incidents, il aurait dû mettre en place un règlement qui rend les équipes responsables de ce qui se passe dans leurs estrades et que si elles ne le font pas, elles écoperont d'amendes dans l'avenir.»

«Il faut qu'il y ait des règles. Pas seulement pour des gestes à caractères racistes, mais pour tous les types d'incidents, estime quant à lui M. Philip. Il devrait y avoir une politique globale afin de réduire le nombre d'incidents. Mais encore plus important à mon avis, il faut sensibiliser les jeunes à ce qu'est la discrimination raciale, ce qui est acceptable ou pas.