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25/02/2019 10:55 EST | Actualisé 25/02/2019 11:03 EST

La caricature controversée de Serena Williams par le «Herald Sun» est jugée éthique

Plusieurs y voient toutefois une «représentation insultante et sexiste d'une femme et un stéréotype racial préjudiciable des Afro-Américains en général».

Le Conseil australien de la presse a statué que la caricature controversée de Serena Williams publiée en septembre dernier par le quotidien Herald Sun de Melbourne n'a pas enfreint les règles éthiques de la presse.

La caricature du dessinateur Mark Knight montrait une Williams réagissant avec colère lors de sa défaite face à Naomi Osaka en finale des Internationaux des États-Unis. On la représentait la bouche grande ouverte piquant une crise et en train de sauter sur sa raquette brisée, avec une tétine sur le court. On y voit également l'arbitre en train de dire à une joueuse blonde et mince — censée être Osaka, d'une mère japonaise et d'un père haïtien — «Pouvez-vous simplement la laisser gagner?»

Dans sa décision publiée lundi, le Conseil australien de la presse a déclaré «reconnaître que certains lecteurs ont trouvé la caricature offensante», mais a déclaré que l'intérêt du public était suffisant pour commenter le comportement d'une joueuse de renommée mondiale.

Les critiques de la caricature de Knight l'ont vue comme une «représentation insultante et sexiste d'une femme et un stéréotype racial préjudiciable des Afro-Américains en général.»

Le conseil de presse a d'ailleurs reconnu avoir reçu des plaintes de personnes qui estimaient que le dessin était raciste et sexiste.

«Plus précisément, des inquiétudes ont été exprimées quant au fait que la caricature montrait Mme Williams avec de grosses lèvres, un nez plat et large, une queue de cheval différente de celle de Mme Williams pendant le match et une posture évoquant un singe.»

Le Washington Post avait critiqué le dessin au moment de sa publication comme le reflet des «caricatures déshumanisantes de Jim Crow si courantes aux 19e et 20e siècles.»

Le caricaturiste satisfait

The Herald Sun a répliqué que le dessin humoristique utilisait «satire, caricature, exagération et humour» pour représenter un événement d'intérêt public.

Knight a confié à la Australian Broadcasting Corporation qu'il était «très heureux» de la décision du conseil.

Je ne changerai pas la façon dont je dessine mes caricatures, car je pense que je suis un dessinateur très libre et juste, et j'accepte les problèmes sur le fond et les dessine comme tels.Mark Knight, caricaturiste

Le conseil de presse a déclaré qu'il acceptait les explications du journal selon lesquelles la caricature correspondait au comportement de Williams pendant le match.

Le journal a révélé que «la caricature n'avait pas pour but de représenter négativement une race ou un sexe, mais avait été dessinée dans un style que le caricaturiste avait utilisé depuis plusieurs décennies et n'était destiné qu'à être un 'dessin animé sportif' pour le lectorat local de la publication», a souligné le Conseil de presse dans ses conclusions.

Pendant la finale contre Osaka, Williams a reçu un avertissement de l'arbitre de chaise pour avoir été «coachée» depuis les gradins. Indignée, Williams s'est défendue avec force, niant avoir triché. Peu de temps après, elle a fracassé sa raquette en guise de frustration et a été pénalisée d'un jeu. Elle a de nouveau protesté et a demandé des excuses à l'arbitre.