POLITIQUE
21/02/2019 16:15 EST | Actualisé 21/02/2019 16:15 EST

Immigration: faux départ pour la consultation sur le projet de loi 9

Il y avait trop de chaises vides...

Jacques Boissinot/PC
L'opposition libérale et le ministre Simon Jolin-Barrette (photo) s'accusaient mutuellement, jeudi, lors de mêlées de presse, d'être responsables de cette situation inusitée.

La consultation prévue autour du controversé projet de loi 9 sur l'immigration a connu un faux départ, jeudi.

Le processus de consultation sur cette pièce législative, une des plus importantes du gouvernement, devait commencer jeudi matin, mais ce ne fut pas possible, faute de participants.

Le ministre responsable du dossier, Simon Jolin-Barrette, a renoncé à parler devant des chaises vides.

Deux intervenants, le Barreau du Québec et la CSN, qui devaient lancer la consultation, se sont finalement désistés, prétextant ne pas avoir eu suffisamment de temps pour préparer leur mémoire.

Plusieurs autres intervenants se sont eux aussi désistés au cours des derniers jours ou ont demandé de témoigner à une date ultérieure, pour les mêmes raisons, si bien qu'il est impossible de savoir exactement combien d'organismes — probablement entre 15 et 20 seulement — seront entendus dans le cadre de cette consultation de courte durée, soit quatre jours.

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Pendant ce temps, l'opposition libérale et le ministre Jolin-Barrette s'accusaient mutuellement, jeudi, lors de mêlées de presse, d'être responsables de cette situation inusitée.

Les libéraux estiment que le gouvernement Legault n'a pas respecté les délais habituels prévus entre le dépôt d'un projet de loi et la consultation qui doit suivre, plaçant ainsi les organismes intéressés dans une position intenable.

Le ministre a déposé son projet de loi le 7 février, laissant peu de temps aux intervenants pour préparer leur participation à l'exercice parlementaire, d'autant plus que le projet de loi, complexe, comporte plusieurs volets.

Le ministre Jolin-Barrette prétend quant à lui que les libéraux ont multiplié les manoeuvres dilatoires destinées à mettre des bâtons dans les roues du processus, afin de nuire au gouvernement.

Plus que jamais depuis le début de la présente session parlementaire, la tension était palpable entre caquistes et libéraux.

Depuis son dépôt, le projet de loi 9 défraie la manchette. Il inclut l'annulation de 18 000 dossiers en attente de traitement, tout en proposant une réforme de la sélection des candidats à l'immigration, essentiellement axée sur l'arrimage entre les habiletés professionnelles et les besoins du marché du travail québécois.

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