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21/02/2019 10:40 EST | Actualisé 21/02/2019 14:31 EST

Georges St-Pierre confirme qu'il prend sa retraite

Le Québécois en a fait l'annonce durant une conférence de presse.

MONTRÉAL - Georges St-Pierre n'allait pas attendre qu'on lui dise qu'il n'était plus le bienvenu. Le spécialiste des arts martiaux mixtes quitte l'UFC en ses termes, au moment qu'il a choisi.

"Je ne sais pas vraiment ce que je veux dans la vie. Mais il y a une chose que je sais, c'est ce que je ne veux pas faire et c'est de me retirer trop tard, a-t-il affirmé au cours d'un point de presse présenté au Centre Bell, jeudi. L'appétit pour me battre n'y est plus."

Détendu, St-Pierre a répondu pendant plus d'une heure aux questions des journalistes, en français et en anglais, sourire aux lèvres.

"Ce n'est pas un jour triste, alors il n'y a pas de larmes. Je suis heureux de me retirer.

"Moi, je n'aime pas me battre. Ce que je déteste le plus de ma profession, ce sont les combats. Je ne me souviens pas d'un jour de combat heureux. Je le faisais pour vivre et je n'ai plus besoin de le faire. (...) Ça m'a permis de bien gagner ma vie. Si je ne fais pas le con, j'ai assez d'argent pour le reste de mes jours."

Le Québécois de 37 ans s'est battu pour la dernière fois en novembre 2017. Il avait alors mis la main sur le titre des poids moyens contre Michael Bisping. Il n'a plus combattu depuis et a abandonné son titre pour raisons médicales.

Au cours de sa carrière, le combattant de Saint-Isidore a remporté le titre des poids mi-moyens de l'UFC en deux occasions. Il a effectué neuf défenses de ceinture 2007 et 2013, et a compilé une fiche de 26-2. Mais c'est l'impossibilité de disputer un dernier combat "significatif" qui l'aura poussé à quitter l'octogone.

C'est un 'business' et je n'ai plus le même appétit que j'avais quand j'étais jeune. Avant je voulais me battre contre n'importe qui, n'importe où.Georges St-Pierre

St-Pierre tentait depuis plusieurs semaines de mettre sur pied un combat contre le Russe Khabib Nurmagomedov, mais l'UFC n'en voulait pas.

"Ça fait plusieurs semaines que mes agents tentent d'organiser ce combat. Où je suis rendu dans ma carrière, la chose qui fait le plus peur, mais qui est aussi la plus excitante, c'est de se battre contre un adversaire qui semble invincible aux yeux de tous. Khabib est cet athlète-là. Selon moi, c'est le meilleur combattant sur la planète présentement, a expliqué St-Pierre. Mais l'UFC a d'autres plans pour lui. Je respecte cela.

"C'est un 'business' et je n'ai plus le même appétit que j'avais quand j'étais jeune. Avant je voulais me battre contre n'importe qui, n'importe où. Je n'avais pas d'argent non plus. Je me rappelle courir à Montréal dans la neige avec des sacs dans les pieds en criant : 'C'est la guerre!' avec mon entraîneur. Je ne fais plus ces choses-là aujourd'hui. Ma motivation n'est plus la même. J'avais envie de prendre les choses un combat à la fois, mais l'UFC doit planifier à long terme. Je le comprends.

"Il y a toujours un autre combat que j'aurais voulu faire, puis un autre, et un autre encore, a-t-il ajouté plus tard. C'est un 'business' où tout est axé sur l'avenir, pas sur le passé."

À VOIR: l'UFC rend hommage à GSP avec cette vidéo sur Facebook

D'ailleurs, bien qu'il affirme quitter en ses termes, St-Pierre ne ferme pas tout à fait la porte à un retour dans l'octogone.

"Je ne sais pas où je serai demain, je ne sais pas ce qui va arriver. Mais en affaire, quand tu fais une offre, elle tient au moment où tu la fais. Quand tu quittes la table de négociations, l'offre ne tient plus. Mais si jamais on me proposait quelque chose, peut-être que comme dans un scénario de film, si on m'offrait un combat qui m'excite, peut-être. On ne sait pas. Mais là, je vais pouvoir relaxer pour la première fois de ma vie et je ne me tiendrai même pas au courant des combats."

Il appréhende un peu sa réaction lorsqu'il assistera à son premier événement de l'UFC à titre de retraité.

"J'ai parlé à Dana White (le patron de l'UFC). Il aimerait beaucoup que j'assiste à des galas pour aider à en faire la promotion. Ça me fera plaisir de le faire, mais je vais les choisir: il y a des combattants que je n'aime pas voir se battre, mais il y en a d'autres que j'adore voir combattre."

En plus d'un manque d'enthousiasme et d'un avenir assuré, St-Pierre a également considéré à quel point il mettait sa santé à long terme en danger en continuant de se battre.

"Le plus grand dommage qui a été fait à mon corps n'est pas nécessairement les coups à la tête que j'ai reçus. Je suis si intense et méticuleux à l'entraînement, que ça demande énormément d'énergie et que ça crée beaucoup de stress et d'anxiété. C'est probablement tout ce stress qui est responsable de la colite ulcéreuse que j'ai développée avant mon affrontement contre Bisping. Avec le temps, ça vous ronge en dedans et ça peut amener d'autres problèmes. Le stress est la principale cause de plusieurs maladies. C'est un soulagement de ne plus vivre ce stress. (...) C'est un rythme de vie complètement fou."