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21/02/2019 15:05 EST | Actualisé 21/02/2019 15:05 EST

Beresheet, le premier robot lunaire «à bas prix», quitte la Terre

Le robot Beresheet, créé par une fondation israélienne, est financé par des dons privés et vise la Lune... sans gros budget.

Le robot lunaire israélien quitte la Terre ce vendredi 22 février. Beresheet, conçu par la fondation SpaceIL, se veut être un symbole: premier engin à visiter notre satellite naturel qui ne soit ni américain, ni russe, ni chinois, il est aussi le seul à être financé par des donateurs privés. Mais le "petit" robot de 180 kilos a encore de la route à faire, comme vous pouvez le découvrir dans la vidéo en tête de cet article.

Après son lancement par une fusée Falcon 9 depuis la base américaine de Cap Canaveral, l'envoyé lunaire devra utiliser la gravitation pour arriver à bon port. Il va donc orbiter trois fois autour de la Terre, chaque fois avec une ellipse plus ample, avant de s'arracher à la gravitation terrestre...pour tourner encore deux fois autour de la Lune. Après cet incroyable périple, il ne restera à Beresheet qu'à déployer son parachute pour atterrir, le 11 avril, sur le sol de notre satellite.

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Chargé d'un appareil servant à étudier les ondes magnétiques lunaires, le robot israélien ne compte faire uniquement de la figuration...même si SpaceIL, avec le soutien appuyé des autorités de Tel-Aviv, met d'abord en avant l'aspect pédagogique, plus que le projet de recherche, de cette aventure. On peut ainsi lire sur le site de la fondation que l'objectif de SpaceIL est de "faire avancer la cause des études scientifiques et d'ingénierie [ ...] et donner le goût à la jeunesse des opportunités que leur offre le futur".

Viser la Lune, sans budget

Fondé en 2011 par trois jeunes ingénieurs et présentée comme une vitrine de la réussite des start-ups israéliennes, SpaceIL a pourtant lié son sort à une initiative bien peu couronnée de succès. Beresheet faisait en effet partie des finalistes du concours Lunar XPrize, lancé par Google il y a un peu plus de dix ans. À la clé, une récompense de 20 millions de dollars pour l'équipe qui arriverait à faire atterrir un robot sur la Lune. Mais en mars 2018, le géant américain a annoncé qu'aucun des cinq projets finalistes n'était suffisamment prêt pour lancer son robot dans les temps impartis... et a annulé le défi.

Une décision qui n'a pas fait renoncer les ingénieurs de SpaceIL. Financé par des donateurs privés, en majorité des grandes fortunes israéliennes ou étrangères, et avec l'aide technique d'Israel Aerospace Industries, le projet s'est poursuivi jusqu'à son aboutissement. Avec un budget de moins de 100 millions de dollars, Beresheet fait figure de robot "low cost" en comparaison avec ses cousins chinois et américains. Par exemple, Pékin, qui a posé en 2013 son premier robot lunaire, investit 8 milliards de dollars par an pour la conquête spatiale... dans quelques semaines pourtant, Israël sera peut-être la quatrième nation à avoir foulé le sol de la Lune grâce à cette initiative privée.

Ce texte a été publié originalement dans le HuffPost France.

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