BIEN-ÊTRE
20/02/2019 09:09 EST | Actualisé 20/02/2019 12:21 EST

Exclusivité: Myco Anna ferme boutique

C’est la fin pour la pionnière de mode écologique.

L'entreprise de mode québécoise Myco Anna ferme ses portes. Pionnière de la mode écologique au Québec, la griffe de prêt-à-porter féminin basée à Québec met fin à ses activités à l'aube de ses 25 ans d'existence.

Myco Anna cessera définitivement ses opérations ce dimanche, autant à la maison-mère de la rue Saint-Vallier que sur sa boutique en ligne.

À bout de souffle, la propriétaire, présidente et directrice du design Christiane Garant soutient que la fermeture de son entreprise est « une conséquence directe des nombreux bouleversements de l'industrie de la mode québécoise et du commerce au détail ». Une décision qu'elle a longuement mûrie, avec ses trois associés, au cours des dernières semaines.

« Le marché met une pression énorme pour baisser les prix alors que nos coûts de production augmentent constamment. Nous ne pouvons plus absorber ce déséquilibre », explique-t-elle dans une entrevue exclusive au HuffPost Québec.

En misant sur le créneau écoresponsable, l'entreprise Myco Anna était doublement affectée par ce déséquilibre budgétaire. « Plusieurs personnes croient, à tort, que le vêtement recyclé devrait être vendu moins cher alors qu'il nécessite, au contraire, plus d'étapes de confection. Pour fabriquer une veste à partir de lainages recyclées, nous comptons près de 20 étapes, allant du nettoyage, taillage, assemblage, etc. », poursuit-elle.

Une vingtaine d'employés, tous basés à Québec, sont directement touchés par la fermeture. Par ailleurs, la deuxième boutique de l'entreprise, Fringuée futée, qui est située à la Place de la Cité, a fermé ses portes ce matin.

Or, ce n'est pas le premier coup dur pour l'entreprise de mode. En 2015, elle a dû fermer sa boutique située sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal, après sept années d'activités, et recentrer ses activités.

« Nous avons eu plusieurs hauts et bas; nous avons traversé les fluctuations du marché québécois et du commerce au détail et nous avons concurrencé plusieurs grands noms de la mode. Mais là, c'est la fin. Il n'y aura pas d'autres victoires », philosophe Mme Garant.

Courtoisie

Une dernière liquidation

Une vente de liquidation se tiendra à la maison-mère de l'entreprise, sur la rue Saint-Vallier, de mercredi à dimanche, avant de fermer définitivement ses portes.

« Nous souhaitons remercier nos clientes pour leur attachement à la marque, pour leur conscience environnementale et sociale et leur fidélité. Cette vente permettra aussi de liquider les inventaires », affirme la présidente.

Une pionnière au Québec

En 1995, quand la griffe Myco Anna a vu le jour, le terme écolo-chic n'existait pas dans le jargon de la mode. Ni le marché du vêtement recyclé. D'abord reconnue pour son style en patchworks, - en confectionnant ses vêtements à partir de différentes pièces de tissus et lainages recyclés -, l'entreprise a tenté de se redéfinir ces dernières années en proposant davantage de fibres neuves, mais écologiques. « Produire du neuf est moins coûteux », explique la présidente.

Au fil des ans, Myco Anna a vu ses créations portées par des personnalités et des artistes de renom; elle s'est méritée plusieurs prix d'excellence et a participé à plusieurs événements mode d'envergure dont le Who's Next Prêt-à-porter Paris, l'Eco Fashion Week de Vancouver et le Moda à New York.

Elle a aussi créé des costumes pour le théâtre et pour des événements spéciaux, dont la « robe kimono » qui a été exposée au Musée national des beaux-arts du Québec et la « robe de la paix » en hommage à John Lennon. Myco Anna a également signé les uniformes de différentes entreprises, dont ceux des Hôtels Alt du groupe Germain.

Les collections de Myco Anna était, jusqu'à tout récemment, distribuées dans une centaine de boutiques privées à travers le Canada et les États-Unis.

Une autre fermeture

Cette fermeture survient en même temps que celle d'une autre institution de la mode écologique québécoise : La Gaillarde. La boutique de la rue Notre-Dame à Montréal en a fait l'annonce sur sa page Facebook et fermera ses portes ce dimanche, « après 19 années de passion, de dévouement et de créativité. »