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20/02/2019 18:44 EST | Actualisé 20/02/2019 18:45 EST

Agressions: les évêques canadiens soulignent l'importance de croire les victimes

Les victimes craignent toutefois ne pas obtenir les résultats tangibles qu'ils souhaiteraient voir.

AP Photo/Alessandra Tarantino

Le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada insistera sur l'importance de croire les victimes lorsqu'il discutera des agressions sexuelles avec ses homologues internationaux pendant une réunion au Vatican cette semaine.

Les victimes d'agressions sexuelles et ceux qui les défendent craignent toutefois que la réunion ne produise pas les résultats tangibles qu'ils souhaiteraient voir.

Le tout premier sommet du Vatican sur les agressions commises par des prêtres est conçu comme une «catéchèse», a indiqué le pape François. Il s'agira d'une session d'enseignement destinée en partie à sensibiliser les membres du clergé à la question, des décennies après les premières allégations publiques à ce sujet.

Lionel Gendron, évêque de Saint-Jean-Longueuil et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, fait partie de la centaine de responsables de conférences épiscopales qui seront présents à l'événement, de jeudi à dimanche.

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Dans une entrevue accordée avant son départ au Vatican, Mgr Gendron a déclaré qu'il était impatient de partager ce que les Canadiens ont appris au sujet des agressions sexuelles commises par le clergé au cours des trois dernières décennies avec des homologues qui commencent tout juste à reconnaître le problème.

«Les gens veulent être écoutés et veulent être crus», a-t-il affirmé. «C'était peut-être une des choses du passé qui n'était pas parfaite. Nous ne croyions pas toujours les gens.»

Il a souligné que son organisation avait rendu public l'an dernier un nouveau guide sur les agressions commises par le clergé, qui met à jour les versions précédentes du document créé dans les années 1980 et 1990. Le document souligne l'importance d'écouter les victimes et de les soutenir tout au long du processus de guérison.

Un problème longtemps ignoré

Mgr Gendron estime que le passé du Canada dans la lutte contre les agressions sexuelles le place dans une position légèrement différente de celle d'autres pays, qui commencent à peine à reconnaître que le problème existe ailleurs qu'en Amérique du Nord.

«Celui qui est maintenant l'archevêque en France a lui-même récemment déclaré qu'au début, il était l'une des nombreuses personnes qui pensaient que le problème des agressions sexuelles venait des pays anglophones. Mais maintenant, ils découvrent que c'est aussi en France, et partout dans le monde», a expliqué Mgr Gendron.

Mais les survivants affirment que cette philosophie générale — croire et soutenir les victimes — n'est que la première étape pour s'attaquer au problème.

Gemma Hickey, victime d'agression sexuelle par un membre du clergé qui se rendra au Vatican pour protester lors du sommet, espère quelque chose de plus concret, qu'il s'agisse de nouvelles politiques ou d'une enquête externe.

«L'Église traite ce problème derrière des portes closes depuis trop longtemps, et il est clair qu'elle n'est pas capable de le gérer de manière appropriée.»

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