POLITIQUE
19/02/2019 10:21 EST | Actualisé 19/02/2019 12:12 EST

Montréal et Québec injecteront 118,6 M$ pour réhabiliter les zones industrielles de la métropole

Les promesses de la CAQ pour revitaliser l'Est de Montréal tardent toutefois à se concrétiser.

Olivier Robichaud

La Ville de Montréal a annoncé la création de deux nouveaux programmes pour donner un coup de barre aux zones industrielles dévitalisées de la métropole. Les 2,6 G$ promis par la CAQ en campagne électorale se font toutefois attendre.

Selon les détails dévoilés mardi, les promoteurs qui souhaitent construire, rénover, agrandir ou reconstruire un édifice industriel pourront bénéficier d'un congé de taxes important. L'augmentation de la valeur de l'édifice due aux travaux ne sera pas prise en compte lors du calcul du compte de taxes, et ce, pendant trois à cinq ans selon le cas.

Les projets devront toutefois respecter des critères environnementaux stricts. Ils devront notamment obtenir l'une ou l'autre de six certifications reconnues, dont la certification LEED.

Ce programme est doté d'une enveloppe de 43,6 M$, dont 8 M$ en provenance du gouvernement du Québec.

«Ce programme a pour objectif d'encourager le secteur industriel à se renouveler, tout en respectant les principes de développement durable.»Valérie Plante

Des fonds pour les sols contaminés

La Ville a aussi concrétisé l'entente signée l'an dernier avec le gouvernement Couillard en ce qui concerne la décontamination des sols. Une enveloppe de 75 M$, entièrement financée par Québec, permettra de décontaminer les sols des secteurs industriels de la Ville de Montréal.

Montréal pourra ainsi subventionner 70% des coûts de décontamination lorsque les travaux sont effectués sur le terrain en question. La subvention variera entre 15% et 50% des coûts lorsqu'une partie ou la totalité des terres doit être transportée dans un site de décontamination.

Les villes liées, notamment Montréal-Est qui compte plusieurs grands sites industriels, sont toutefois exclues de cette entente. Les sites pétroliers sont aussi exclus, puisqu'un propriétaire pollueur ne peut utiliser ces subventions pour décontaminer son propre site et la loi les empêche de vendre leurs terrains avant de les avoir décontaminés.

Les promoteurs devront obligatoirement avoir un projet de construction sur les sites en question. Ceux qui souhaitent construire des résidences devront se plier à l'obligation d'inclure 20% de logements sociaux, 20% de logements abordables et 20% de logements familiaux lorsque ce règlement sera adopté.

D'autres annonces à venir?

Les promesses faites par la CAQ en campagne électorale sont toutefois absentes de l'annonce de mardi. L'automne dernier, François Legault promettait 2,6 G$ pour revitaliser l'Est, dont 200 M$ seulement pour la décontamination des sols.

HuffPost Québec
Chantal Rouleau, ministre responsable de la métropole, et le premier ministre François Legault

Chantal Rouleau, ministre responsable de la métropole, affirme que cette annonce surviendra «bientôt» et que les sommes s'ajouteront aux millions annoncés mardi.

«On est en train de travailler avec la Ville de Montréal et nos partenaires à travers le Québec. Ce sera avec un énorme plaisir que je reviendrai faire l'annonce de ce 200 M$», dit-elle.

Elle a toutefois refusé de dire si les montants promis se trouveront dans le premier budget de son gouvernement.

Études sur la qualité de l'air demandées

Lionel Perez, chef du parti d'opposition Ensemble Montréal, accuse l'administration Plante de recycler une vieille nouvelle concernant les sols contaminés. Il demande la présentation d'un plan d'affaires, avec des projets précis.

Parallèlement, Ensemble Montréal se prépare à demander une mise à jour des études sur la qualité de l'air dans l'Est de Montréal. La motion viserait à ce que la Ville demande à la Direction de la santé publique de produire de nouvelles études.

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«Il y a de quoi s'inquiéter. Selon le CIUSSS de l'Est-de-l'Île de Montréal, l'espérance de vie dans l'Est est de neuf ans plus faible que dans l'Ouest de l'île. D'autres études montrent que les maladies respiratoires sont plus importantes dans l'Est qu'ailleurs sur l'île, notamment chez les enfants et les aînés», souligne Suzanne Décarie, conseillère municipale pour le district de Pointe-aux-Trembles.

La motion sera présentée le 25 février.