POLITIQUE
18/02/2019 17:47 EST | Actualisé 18/02/2019 17:59 EST

TDAH: Le PQ veut une commission parlementaire pour freiner la surmédication

Au cours des dernières semaines, 65 pédiatres ont joint leur voix à deux reprises pour alerter la population et le gouvernement à ce problème.

Sylvain Gaudreault, porte-parole du PQ en Santé.
PC/Jacques Boissinot
Sylvain Gaudreault, porte-parole du PQ en Santé.

QUÉBEC — Les médecins prescrivent trop facilement des médicaments aux enfants agités éprouvant des problèmes d'attention et il est temps que les parlementaires s'en mêlent, selon l'opposition péquiste.

Une commission parlementaire devrait se pencher sur ce problème et voir comment freiner la surconsommation de médicaments prescrits aux enfants ayant reçu un diagnostic de déficit d'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), a souhaité en point de presse, lundi, le porte-parole péquiste en santé, le député Sylvain Gaudreault.

Ce dernier faisait écho aux nombreux pédiatres ayant tiré la sonnette d'alarme dans les médias, convaincus que les médecins prescrivaient trop rapidement et facilement des médicaments aux enfants jugés trop turbulents ou distraits.

En point de presse, en appui à ses revendications, M. Gaudreault était entouré des Drs Pierre-Claude Poulin, Jean-Benoît Bouchard, Guy Falardeau et Valérie Labbé.

Une commission parlementaire permettrait, selon M. Gaudreault, de «tenter de trouver des explications à l'augmentation préoccupante de la consommation de psychostimulants chez les enfants et les jeunes ainsi que des solutions pouvant contribuer à la réduire».

Au total, au cours des dernières semaines, 65 pédiatres ont joint leur voix à deux reprises pour alerter la population et le gouvernement à ce problème, à travers des lettres expédiées aux médias.

Ces pédiatres déplorent «une augmentation inquiétante de la prescription de médicaments pour le TDAH chez nos enfants et nos adolescents», a commenté le Dr Pierre-Claude Poulin.

Selon lui, «toute la société devrait peut-être faire un examen de conscience sur la façon dont on prend soin de nos enfants et de nos adolescents sur ces diagnostics qu'on porte peut-être un peu trop souvent et ces médicaments qu'on leur donne».

Il n'est pas acceptable, selon eux, que presque 15 pour cent des jeunes Québécois de 10 à 17 ans se font prescrire des psychostimulants, soit une proportion beaucoup plus importante que partout ailleurs au pays.

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Le Dr Jean-Benoît Bouchard a plaidé quant à lui pour une amélioration de l'offre de services psychosociaux aux élèves.

«On pense qu'il faut de l'aide, de l'aide qui est au-delà de la médication et qui passe par des services psychosociaux, que ce soit dans les écoles, ou dans les CLSC, ou dans les GMF, mais vraiment d'aider ces personnes-là avec cette problématique qu'est le TDAH», estime le Dr Bouchard.

Les pédiatres demandent aussi de réévaluer les questionnaires menant à un diagnostic de TDAH.

De plus, ils souhaiteraient qu'un comité formé de l'Ordre des psychologues, le Collège des médecins et de tous les spécialistes visés permette de mettre en commun les connaissances sur le sujet.

Ils réclament aussi que les élèves aient davantage de périodes d'activité physique à l'école, que le gouvernement finance des campagnes de sensibilisation visant à diminuer l'usage des jeux vidéo et des écrans d'ordinateur.