POLITIQUE
18/02/2019 15:32 EST | Actualisé 18/02/2019 15:33 EST

Voici la déclaration de Gerald Butts, conseiller de Justin Trudeau, expliquant sa démission

«Toutes allégations selon lesquelles moi ou un membre de notre personnel aurait fait pression sur la procureure générale sont simplement fausses.»

OTTAWA — Gerald Butts, conseiller principal et ami de longue date de Justin Trudeau, a remis aujourd'hui sa démission dans la tourmente. Il a transmis cette déclaration lundi après-midi:

J'ai soumis ma démission en tant que secrétaire principal du très honorable Justin Trudeau, premier ministre du Canada. Il a accepté ma démission.

Récemment, des sources anonymes m'ont accusé d'avoir fait pression sur l'ancienne procureure générale, l'honorable Jody Wilson-Raybould, afin d'offrir à SNC-Lavalin la possibilité de négocier un accord de réparation. Je nie catégoriquement les allégations selon lesquelles moi ou un membre de ce cabinet aurait tenté d'influencer madame Wilson-Raybould. Nous respectons le rôle unique qu'est celui de procureure générale. Mon entourage et moi avons agi avec intégrité et dans le meilleur intérêt des Canadiens en tout temps.

Le cabinet du premier ministre est bien plus grand et plus important qu'un seul membre de son personnel. J'ai servi son intérêt au meilleur de mes compétences, et j'ai toujours offert des conseils au premier ministre librement et en toute honnêteté. J'ai servi l'intérêt public, et non celui d'individus. Je n'ai jamais servi les intérêts des sociétés privées. La vie est remplie d'incertitudes, mais de cela, j'en suis certain.

Toutes allégations selon lesquelles moi ou un membre de notre personnel aurait fait pression sur la procureure générale sont simplement fausses. Les Canadiens ont raison d'avoir confiance en leurs institutions publiques. Elles méritent leur confiance parce qu'elles fonctionnent. Mais la réalité, c'est que ces allégations existent. Elles ne peuvent pas et elles ne doivent pas en aucun cas faire obstacle au travail essentiel qu'effectuent le premier ministre et son bureau au nom de tous les Canadiens. Ma réputation est ma responsabilité. C'est à moi de la défendre. C'est dans les meilleurs intérêts du cabinet et de son important travail que je démissionne.

J'aimerais offrir quelques mots à propos de la relation que j'entretiens avec madame Raybould-Wilson. Je l'ai encouragée à se présenter aux élections sous la bannière libérale. J'ai travaillé d'arrache-pied pour l'appuyer en tant que candidate et en tant que membre du conseil des ministres. De mon point de vue, notre relation a toujours été définie par le respect mutuel, la franchise et un véritable désir de travailler ensemble.

Sur une note plus personnelle, je tiens à remercier le premier ministre de m'avoir donné l'occasion de travailler avec lui, son conseil des ministres et le caucus libéral. Ils sont des gens extraordinaires, déterminés à améliorer notre pays. Je veux également remercier ma collègue, Katie Telford. Les sept dernières années auraient simplement été impossibles sans elle. Je suis le mieux placé pour le savoir. Et à tous mes collègues du cabinet du premier ministre, c'était le grand honneur de ma vie de travailler avec vous tous au nom de tous les Canadiens. Je leur souhaite la meilleure des chances et ils pourront toujours compter sur mon appui.

Je me sens également obligé de dire ceci. Nos enfants et nos petits-enfants nous jugeront sur un enjeu de première importance. Cet enjeu, c'est le changement climatique. J'ose espérer que notre réponse sera collective, non partisane et urgente, comme la science implore. J'espère que ça arrivera bientôt.

Les pays confrontés à un enjeu difficile doivent trouver une solution bien réfléchie et collaborative pour y remédier. Ces solutions dépendent de gens honnêtes et travaillants qui dévouent leur temps et leur énergie à la fonction publique. Le Canada compte beaucoup de gens comme ceux-là. Et bien qu'il soit à la mode, dans certains contextes, de dénigrer les politiciens et les fonctionnaires, les femmes et les hommes qui servent les Canadiens à titre d'élu ou de fonctionnaire sont des gens biens, honnêtes et travaillants qui tous les jours font passer le service de leur pays avant leur propre personne. C'est mon expérience. La vie compte bien des jours, et il y a des jours plus difficiles que d'autres au sein de la fonction publique. Mais il n'y a pas de mauvaises journées. J'ose espérer que mes parents auraient été fiers du travail que j'ai accompli et que mes enfants considéreront un jour faire carrière au sein de la fonction publique.