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16/02/2019 11:25 EST | Actualisé 16/02/2019 16:22 EST

Les 113 touristes québécois coincés en Haïti rapatriés

Leur appareil devrait toucher sol dans la métropole québécoise au cours de la soirée.

AP/Dieu Nalio Chery

MONTRÉAL — Les 113 touristes québécois coincés dans un hôtel en Haïti peuvent enfin s'éloigner des manifestations violentes dans ce pays alors qu'ils sont attendus à Montréal vers 20 h 50 samedi à bord du vol 667 d'Air Transat.

Dans un communiqué publié samedi après-midi par l'entreprise québécoise, on y indique qu'un avion Airbus de 250 sièges a été nolisé par Air Transat pour rapatrier ses 113 clients qui séjournaient à l'Hôtel Royal Decameron Indigo Beach Resort & Spa ainsi que quelques passagers d'autres compagnies aériennes et des résidents canadiens souhaitant rentrer à la maison.

Les évacuations par hélicoptère avaient commencé en matinée jusqu'à l'aéroport de Port-au-Prince, selon ce qu'ont fait savoir des Québécois sur place à leurs proches et aux médias.

Transat, qui en avait la responsabilité, refusait jusqu'à vendredi soir de les transporter à l'aéroport par hélicoptère "pour des raisons de logistique et de sécurité" alors que d'autres touristes étrangers avaient pourtant été évacués par leur voyagiste la semaine dernière.

Sur place, le Québécois Normand Rosa s'est dit heureux qu'Air Transat ait finalement entendu raison, devant la pression exercée par les médias et sur les réseaux sociaux, ainsi que par sa clientèle obligée de prolonger son séjour dans un hôtel tout inclus, sans internet ni téléphone, et qui fonctionne sur des génératrices puisque l'électricité y a été coupée.

Joint sur son téléphone portable à l'hôtel situé sur la Côte des Arcadins, alors qu'il attendait d'être évacué par hélicoptère à son tour, M. Rosa a souligné que les Américains avaient pu partir de cette façon dès la semaine dernière parce qu'il s'agissait du moyen d'évacuation jugé le plus sécuritaire.

Au Québec, le premier ministre François Legault n'a pas tardé à propager la bonne nouvelle sur son compte Twitter, en fin d'après-midi vendredi, alors qu'il avait reçu la confirmation d'Air Transat de l'évacuation tant attendue de ces Québécois.

Pendant ce temps en Haïti, Normand Rosa a raconté que des Québécois à l'hôtel pleuraient samedi matin alors qu'ils réalisaient l'ampleur du désespoir pour le peuple haïtien. Même si les pharmacies et les banques étaient toutes fermées, les Haïtiens qu'ils croisaient ne leur demandaient pas d'argent, mais s'ils avaient de l'eau potable en bouteille à leur laisser.

M. Rosa n'avait que de bons mots pour le personnel de l'hôtel, insistant sur le fait que les touristes québécois ont été bien traités et n'ont jamais manqué de nourriture. Par contre, il a avoué que l'inquiétude commençait à s'installer alors que le complexe hôtelier cherchait à économiser de l'énergie en fermant une piscine et la climatisation le jour.

Des reproches

Marie-Christine Remy, une Sherbrookoise dont la mère est coincée au même hôtel en Haïti depuis dimanche dernier, n'avait pas de félicitations pour Air Transat qui ne l'a pas rappelée.

"Air Transat ne nous a pas contactés", a-t-elle laissé tomber sèchement alors qu'elle était en entrevue à La Presse canadienne.

Dans le communiqué diffusé en après-midi, la chef de l'exploitation de Transat Annick Guérard y reconnaît que leurs " clients, ainsi que leurs proches, ont vécu une semaine éprouvante, sous le signe de l'incertitude."

Mais pour Mme Remy, il était clair que sans l'intervention des médias, tous ces Québécois en vacances seraient toujours coincés là-bas bien malgré eux.

"Je suis contente face à l'ampleur de la mobilisation qui a contribué à sortir ces gens de là", a-t-elle affirmé alors qu'elle venait tout juste de recevoir la photo de sa mère à l'aéroport de Port-au-Prince avec son billet d'avion.

À l'inverse, elle a reçu des appels du bureau de la députée fédérale de son comté Marie-Claude Bibeau, qui est aussi la ministre du Développement international.

On lui a fait part de l'évolution du dossier, confirmant le retour de sa mère et du conjoint de celle-ci ce week-end, tout en la rassurant.

Je suis vraiment contente que tout se soit mis en branle pour aider ma mère et tous ces Québécois. C'était vraiment super de voir que ça leur tenait à coeur de les sortir de là autant qu'à moi.Marie-Christine Remy

Depuis Munich en Allemagne, la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a tenu à souligner en après-midi que le Canada fournissait les services consulaires aux Canadiens sur place en Haïti et qui avaient besoin d'aide.

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