POLITIQUE
15/02/2019 17:44 EST | Actualisé 15/02/2019 17:44 EST

Sous le radar: les événements passés inaperçus à l’Assemblée nationale cette semaine

Dans le brouhaha politique, il est facile d’en manquer des bouts. Voici donc trois événements qui nous sont passés sous le nez (ou presque) sur la scène politique à Québec.

QUÉBEC - On mange de la politique au HuffPost Québec, mais il est souvent difficile d'écrire sur tout ce qui se passe à l'Assemblée nationale dans une journée.

Nous vous proposons donc un récapitulatif de trois moments, qui n'ont pas nécessairement fait les manchettes, afin d'apprécier la beauté de notre démocratie... ou pas!

Le cannabis légal pour les 35 ans et plus?

La Presse canadienne
Interdire le cannabis jusqu'à 35 ans? Ça non plus, ce n'est pas banal.

Le député libéral Enrico Ciccone en a profité pendant la commission parlementaire sur le projet de loi sur le cannabis pour exprimer son désaccord à la consommation du cannabis. «Si c'était juste de moi, ce produit ne serait pas dans nos rues, ici, proche de nos jeunes au Québec.»

«M. le ministre, tant qu'à moi, aurait pu monter ça jusqu'à 35 ans, ça aurait été parfait!» a-t-il lancé. «Cependant, la réalité est autre: les jeunes fument du cannabis», a rapidement rectifié l'ancien joueur de hockey.

Rappelons que le gouvernement Legault souhaite augmenter l'âge légal du cannabis à 21 ans et en interdire la consommation dans tous les lieux publics. Des consultations publiques ont actuellement lieu pour ce projet de loi, un exercice qui a donné lieu à des flammèches.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a aussi semblé jongler une fois de plus avec l'idée de modifier l'âge légal pour d'autres domaines. À son avis, «il y a plusieurs choses qui n'ont pas de cohérence» au Québec.

La Presse canadienne
L'âge légal pour conduire, pour boire de l'alcool, pour le consentement médical... pas besoin de cohérence!

Donc, la cohérence, ce n'est pas un point si important.Lionel Carmant, ministre responsable du cannabis

«L'âge du tabac a déjà été plus bas que 18 ans, l'âge pour le consentement médical est à 14 ans. On s'entend que, si tu es capable de donner un rein, tu es capable de décider ce qui est bon et ce qui n'est pas bon pour toi. L'âge de la conduite automobile est à 16 ans — s'il y a bien quelque chose qui tue des jeunes, c'est l'automobile.»

«Donc, la cohérence, ce n'est pas un point si important, a résumé le ministre Carmant. L'important pour nous, c'est vraiment d'essayer de prévenir les problèmes de santé mentale chez nos jeunes.»

Autre moment cocasse: M. Carmant a demandé ni plus ni moins aux représentants de la Fédération étudiante collégiale du Québec s'ils pouvaient lui fournir des données provenant de la Société québécoise du cannabis (SQDC) sur la vente aux moins de 21 ans.

Leur réponse au ministre responsable de régir le cannabis (et donc la société d'État qui en vend): «On n'est probablement pas les meilleures personnes outillées pour vous fournir des données sur la vente de la SQDC... Vous pourriez leur demander.»

Québec solidaire soutient le gros capital

La Presse canadienne
Centre Vidéotron et stade de baseball, même combat? Oui, selon le député de Rosemont, Vincent Marissal.

Pour tout vous dire, ce détail n'est pas passé inaperçu dans l'actualité, mais nous trouvons qu'il est important de rappeler que Québec solidaire (QS) a demandé que le projet de stade de baseball à Montréal soit financé par des capitaux privés seulement.

Le député solidaire Vincent Marissal a déposé une motion à l'Assemblée nationale dans ce sens conjointement avec le ministre de l'Économie et de l'Innovation Pierre Fitzgibbon, la députée péquiste Catherine Fournier ainsi que le député indépendant Guy Ouellette.

Le libellé, adoptée par consentement par tous les partis, se lit comme suit:

« Que l'Assemblée nationale souhaite et encourage le retour des Expos à Montréal;

Que l'Assemblée nationale invite les investisseurs à se mobiliser pour trouver les capitaux privés nécessaires à la venue d'une équipe professionnelle de baseball à Montréal;

Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement de ne pas verser de subventions pour la construction d'un stade ou l'achat d'une équipe de baseball».

Les hommes d'affaires Stephen Bronfman et Pierre Boivin souhaitent le retour d'une ligue de baseball à Montréal. Pour ce faire, ils misent sur un terrain au sud du bassin Peel qui pourrait accueillir un stade.

En déposant sa motion, M. Marissal dit qu'il a voulu éviter que l'argent public des Québécois serve à «répéter le fiasco du Centre Vidéotron» à Québec. Le retour des Nordiques n'est donc toujours pas prévisible à court terme.

Autres faits notables du côté de QS cette semaine: la référence au livre de Pierre-Yves McSween dans une vidéo dénonçant une «entente secrète» entre Hydro-Québec et Amazon. Puis, la députée Catherine Dorion a posé sa première question en Chambre - sur le contenu québécois de Netflix - et son linge n'a pas fait scandale.

Un projet de loi attendu sur l'équité fiscale

La Presse canadienne
Le ministre du Travail a déposé son premier projet de loi, qui vient répondre à une demande de la Cour suprême.

Voilà une autre initiative consensuelle qui n'a pas trop fait les manchettes. La Loi sur l'équité salariale sera bientôt renforcée afin de se conformer à une décision de la Cour suprême rendue en mai 2018.

Le ministre du Travail, Jean Boulet, a déposé mardi son projet de loi 10 qui oblige les employeurs de dix employés et plus à indemniser des milliers de femmes de façon rétroactive si elles ont connu des écarts de salaire avec leurs collègues masculins.

Le but est de «corriger les écarts de salaire qui découlent de la discrimination systémique envers les emplois à prépondérance féminine», comme les secteurs de la santé, de l'éducation ou des services sociaux. Il y avait également des plaintes dans le réseau privé, indique-t-il.

Des syndicats québécois se sont rendus jusqu'en Cour suprême pour invalider trois articles de la Loi sur l'équité salariale qui n'obligeaient pas les employeurs à compenser les employées lésées de façon rétroactive.

Québec a jusqu'au 10 mai 2019 pour amender sa législation actuelle et la rendre conforme au jugement.

On parle de modifications qui affecteraient 35 294 entreprises assujetties à la Loi sur l'équité salariale - 34 555 entreprises privées et 739 organismes publics. Cette mesure pourrait leur coûter au total environ 565 millions de dollars, soit 0,35% de leur masse salariale.

Les entreprises de juridiction fédérale et les travailleurs autonomes ne sont pas visés par cette modification à la loi.