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15/02/2019 17:31 EST | Actualisé 15/02/2019 17:31 EST

Les Québécois coincés en Haïti devraient pouvoir sortir du pays samedi

«Chaque jour qui passe, ça risque de dégénérer», dit un Québécois qui attend toujours de pouvoir rentrer chez lui.

ASSOCIATED PRESS/Dieu Nalio Chery
Des protestants se protègent de la police, pendant une manifestation pour demander la démission du président Jovenel Moïse.

Une centaine de Québécois sont toujours coincés à l'hôtel Royal Decameron, en Haïti, mais la situation pourrait se dénouer d'ici samedi, selon la compagnie Air Transat, qui dit être en train de finaliser un plan d'évacuation.

«Il faut nous envoyer des hélicoptères. La situation n'a pas l'air d'être sur le point de se calmer. Et chaque jour qui passe, ça risque de dégénérer», résume Normand Rosa, un de ces Québécois, que le HuffPost Québec a joint en Haïti.

Depuis environ une semaine, Haïti est en proie à de violentes secousses sociales. Des manifestants réclament le départ du président Jovenel Moïse pour de multiples raisons. Les manifestations ont jusqu'ici coûté la vie à plusieurs protestataires et de nombreuses activités sont paralysées en raison du mouvement soulevé par la colère populaire. L'ambassade du Canada en Haïti était d'ailleurs toujours fermée, vendredi.

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Une centaine de touristes québécois attendent de pouvoir prendre un avion d'Air Transat pour rentrer au pays. Le problème n'est pas le vol en tant que tel, mais plutôt de se rendre de l'hôtel jusqu'à l'aéroport, puisque les routes sont barrées par les manifestants.

«Les Américains qui étaient ici, ils sont tous partis en hélicoptère il y a plusieurs jours, note Normand Rosa. Je ne comprends pas pourquoi le Canada ne fait pas la même chose.»

Un plan d'évacuation

Depuis plusieurs jours, la compagnie Air Transat soutient qu'elle attend que la situation se calme pour pouvoir transporter les voyageurs par autobus.

Vendredi après-midi, une porte-parole de Transat, Debbie Cabana, a laissé savoir au HuffPost Québec par courriel que la compagnie «finalise actuellement un plan d'évacuation pour le rapatriement des 113 personnes présentement à l'hôtel Royal Decameron Indigo Beach Resort & Spa, qui sera mis en application au cours des prochaines heures. Le tout a été orchestré en collaboration avec les autorités locales, l'ambassade canadienne en Haïti et les instances gouvernementales canadiennes afin d'assurer la sécurité de nos passagers».

Le premier ministre québécois François Legault a par ailleurs affirmé, vendredi, que tous les acteurs étaient sur le point de trouver une solution, ajoutant que les voyageurs seraient évacués à l'aide de trois hélicoptères, samedi.

«Hier, on pensait que la voie terrestre était celle qui avait le plus de chances de fonctionner. Les probabilités ont changé.»- Christophe Hennebelle, Air Transat

Normand Rosa, qui était venu passer une semaine en Haïti pour apporter des fournitures scolaires dans une école de la région, notamment, devait initialement repartir d'Haïti mercredi. Il attend toujours qu'une solution soit mise en oeuvre. Il a réussi à passer au travers des barrages en scooter pour aller livrer son matériel.

«Les Haïtiens sont très gentils avec nous. Ils nous disent: ''ce n'est pas à vous qu'on en veut, c'est au gouvernement!''» raconte-t-il.

Il assure qu'il ne manque de rien, à l'hôtel où les touristes sont cloîtrés. Mais certaines personnes, plus âgées, malades ou qui ont de jeunes enfants, commencent à être inquiètes, ajoute-t-il.

«Tout est fermé dans le pays, et les Haïtiens commencent à manquer de plein de choses. Quand on va commencer à manquer d'eau, de nourriture et d'essence, ça risque de s'envenimer.

La Presse Canadienne
La situation en Haïti est fort tendue, alors que des ressortissants québécois tentent de se rendre à l'aéroport de Port-au-Prince.

Affaires mondiales Canada n'a pas donné suite à notre demande d'entrevue.

Évitez les voyages

Par ailleurs, le gouvernement fédéral a publié jeudi soir un nouvel avis concernant Haïti, et recommande maintenant aux Canadiens d'éviter tout déplacement dans ce pays.

Ottawa a annoncé que l'ambassade du Canada à Port-au-Prince demeurait fermée vendredi. Les services consulaires sont toujours fournis par téléphone ou par courriel, 24 heures sur 24, et le ministère des Affaires étrangères se dit prêt à fournir toute assistance qui serait requise par ses ressortissants (par téléphone au 1-613-996-8885 ou par courriel au sos@international.gc.ca.)

Le gouvernement prévient maintenant que «la situation en matière de sécurité pourrait se détériorer rapidement» et que les Canadiens devraient «envisager de quitter par des moyens commerciaux tant qu'ils sont disponibles».

Des manifestants ont bloqué les principales routes du pays pour exiger la démission du président Jovenel Moïse. Ils sont mécontents de l'inflation galopante et de l'incapacité du gouvernement à poursuivre les responsables d'un détournement de fonds lié au programme vénézuélien de plusieurs milliards de dollars qui exportait du pétrole à prix réduit en Haïti.

Le médecin d'Ottawa Émilio Bazile et trois membres de son équipe des Maritimes font partie de ces Canadiens bloqués en Haïti. Il déclarait jeudi que la nourriture commençait à manquer pour lui et son équipe médicale composée de 10 membres, qui se sont rendus dans le sud d'Haïti pour prodiguer des soins à la population locale.

Une équipe de 26 travailleurs humanitaires associés à des missionnaires du Québec fait également partie des dizaines de Canadiens coincés dans l'île des Antilles.

Affaires mondiales Canada a déclaré qu'il fournissait des conseils consulaires aux voyagistes et que des agents sur le terrain en Haïti fournissaient une assistance aux citoyens canadiens.

- Avec La Presse Canadienne

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