POLITIQUE
14/02/2019 12:18 EST | Actualisé 14/02/2019 12:23 EST

Les propos du bras droit de Maxime Bernier, Martin Masse, reviennent le hanter

Sur son blogue, Martin Masse prônait un monde sans États et s'en prenait notamment aux «fémifascistes» et aux «facistes verts».

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier
Graham Hughes/La Presse canadienne
Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier

Le porte-parole du Parti populaire du Canada, Martin Masse, a dû se défendre pour des prises de position jugées antisémites, misogynes et racistes, dans des billets de blogue parus il y a plusieurs années.

Les femmes sont «plus portées à chercher la sécurité et la dépendance» qu'à «être des leaders et des lutteuses». Il faut douter du «réchauffisme» climatique et des solutions proposées par les «fascistes verts». Voilà quelques-uns des propos tenus par Martin Masse sur son «Blogue du Québécois libre», qu'il gérait de 1999 à 2016.

Le bras droit de Maxime Bernier a quitté l'Institut économique de Montréal l'été dernier pour l'épauler dans la fondation de son nouveau parti, le Parti populaire du Canada.

Le 6 février, B'nai Brith Canada, un organisme dont la mission est de combattre le racisme et l'antisémitisme, a publié un communiqué accusant M. Masse d'avoir tenu un discours antisémite, raciste et misogyne dans ses billets de blogue. Le directeur général de l'organisme, Michael Mostyn, a été candidat pour le Parti conservateur du Canada aux élections de 2004 et 2006 dans la circonscription de York Centre, en Ontario.

Martin Masse s'est défendu le lendemain en publiant à son tour un communiqué, dans lequel il qualifie ces accusations de «ridicules».

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«Le communiqué de presse affirme que j'ai ''défend(u) personnellement'' le politicien français Jean-Marie Le Pen et le politicien autrichien Jörg Haider, accusés tous deux d'avoir fait des commentaires banalisant l'Holocauste, comme si je partageais leur opinion à ce sujet.»

«Ce que j'ai fait, c'est de faire valoir que rien dans l'idéologie et les propositions politiques des deux hommes ne justifie de les décrire comme des néonazis», poursuit-il.

Maxime Bernier a pour sa part écrit sur Twitter que le Parti conservateur du Canada était «si paniqué par la montée du Parti populaire du Canada» qu'il avait probablement commandité cette attaque «truffée de mensonges».

Jeudi, un article de La Pressea recensé plusieurs autres prises de position polémiques écrites par Martin Masse, un adepte de la philosophie libertarienne, c'est-à-dire qui défend un monde sans États.

«Portées à chercher la sécurité et la dépendance»

À un lecteur qui lui demande pourquoi il y a si peu de femmes dans le mouvement libertarien, en novembre 2005, Martin Masse affirme qu'il se réjouirait d'avoir plus de femmes collaboratrices, a constaté le HuffPost Québec dans les archives du site.

«Ce n'est pas politically correct de le dire à notre époque où le mythe féministe dominant veut qu'il n'y ait aucune différence entre les sexes, mais les femmes sont en général moins portées à être des leaders et des lutteuses, et plus portées à chercher la sécurité et la dépendance - ce qui n'est pas étonnant, puisqu'il est difficile sinon d'assurer leur rôle de reproduction», écrit-il.

«Beaucoup de femmes comprennent que si l'État n'était pas là pour leur garantir des emplois (quotas d'embauche) et des salaires (''équité salariale'') quelles que soient leurs compétences, pour leur offrir des congés de maternité et des garderies subventionnées, et pour pratiquement élever leurs enfants à leur place, elles (...) seraient sans doute obligées de dépendre plus de leur conjoint ou du père de leurs enfants», poursuit-il.

Dans un autre article datant d'avril 2008, Martin Masse critique une entente survenue entre un bar gai et une femme qui s'était plainte à la Commission des droits de la personne parce qu'on lui avait refusé l'accès dans cet établissement.

«Pourquoi des femmes insisteraient de toute façon pour pouvoir fréquenter ce bar, voilà une question qui relève sans doute de la psychiatrie», indique-t-il, ajoutant que cela doit venir de l'influence des «fémifascistes».

«L'établissement ne contient qu'une seule toilette avec des urinoirs, ce qui devrait décourager la plupart d'entre elles, sauf peut-être quelques butchs endurcies», poursuit-il.

«Facistes verts»

Martin Masse fait également valoir son scepticisme par rapport au réchauffement climatique dans plusieurs articles. Il qualifie d'ailleurs ce mouvement de «réchauffisme».

«Les libertariens sont par défaut sceptiques envers un mouvement alarmiste qui préconise l'intervention massive de l'État, une mobilisation collective et une réduction de la liberté individuelle dans le but de résoudre un problème», écrit-il dans un billet daté de décembre 2009.

Même ceux qui croient en un réchauffement climatique ne peuvent accepter les solutions proposées par les «fascistes verts», conclut-il.

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