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13/02/2019 12:31 EST | Actualisé 13/02/2019 16:55 EST

Bus en retard: la STM traîne le syndicat de l'entretien devant le Tribunal administratif du travail

Le transporteur accuse le syndicat de ralentir le travail, quelques mois après une grève des heures supplémentaires.

La Presse Canadienne
Un autobus de la Société de transport de Montréal sur l'avenue du Mont-Royal.

La Société de transport de Montréal (STM) s'adresse au Tribunal administratif du travail pour faire cesser les moyens de pression du syndicat des travailleurs d'entretien. Le tout dans un contexte où le tiers des autobus ne peuvent prendre la route, faute d'entretien.

Le réseau d'autobus connaît de très mauvais moments depuis quelques temps. En 2018, le taux de ponctualité est descendu sous la barre de 80% pour la première fois depuis 2001.

La semaine dernière, le quotidien anglophone The Montreal Gazette rapportait que 31% des autobus restaient au garage le matin. Il y avait donc 1246 autobus sur la route, alors que la STM doit en envoyer 1407 pour respecter les horaires affichés pendant l'heure de pointe matinale.

La même situation prévaut toujours indique Philippe Déry, porte-parole de la STM. Vendredi, il y avait 1238 véhicules sur la route alors qu'il aurait dû y en avoir 1424.

Selon la STM, les problèmes découlent d'une grève des heures supplémentaires lancée au mois de mai. Environ 15% du service normal d'entretien dépend des heures supplémentaires et le transporteur n'a pas réussi à rattraper le temps perdu avant l'arrivée du temps froid, qui complique encore plus la situation.

«L'impact résiduel des moyens de pression et des conditions difficiles des derrières semaines ne nous a pas permis de réduire de façon significative le nombre de bus immobiles.»- Philippe Déry

Travail au ralenti

Une seconde grève des heures supplémentaires a été annulée, mais le transporteur accuse le syndicat de ralentir le travail dans les garages. Elle demande au Tribunal administratif du travail de déclarer illégaux les moyens de pression syndicaux.

«Parce que cette série de moyens de pression, exercée dans un contexte de négociation et de médiation, a un impact sur le service auquel la population a droit, la STM demande au Tribunal de déclarer illégales les actions de ralentissement de travail et d'ordonner au Syndicat de les cesser immédiatement», écrit la STM dans un communiqué.

Rien d'illégal, dit le syndicat

Pour sa part, le syndicat affirme qu'il «ne recommande aucun moyen de pression illégal» qui mènerait au ralentissement du travail.

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«Le nombre d'autobus immobiles est plus élevé en ce moment en raison d'enjeux de fiabilité des autobus, du peu d'entretien préventif et du climat difficile que nous connaissons cet hiver», lit-on dans un communiqué émis mercredi.

Le conflit entre la STM et le syndicat découle principalement du fait que le transporteur souhaite modifier les horaires de travail pour permettre plus de quarts en soirée et pendant la nuit. Ce changement permettrait de faire plus de travaux d'entretien alors que la plupart des véhicules sont au garage.

Selon le syndicat, les horaires de travail atypiques sont beaucoup plus difficiles pour les employés, notamment en ce qui concerne la conciliation travail-famille. Il recommande l'embauche de travailleurs additionnels.

Des négociations avaient aussi cours cet été avec le syndicat des chauffeurs et des opérateurs de métro. Une nouvelle convention collective a toutefois été entérinée en octobre.