POLITIQUE
12/02/2019 14:02 EST | Actualisé 12/02/2019 15:59 EST

Deux récréations obligatoires dès la prochaine rentrée scolaire

En ce moment, une école sur cinq n'offre aucune récréation à l'extérieur en après-midi.

Hufton+Crow via Getty Images

QUÉBEC — De quoi plaire aux écoliers: le ministre de l'Éducation annonce l'instauration de deux récréations obligatoires d'au moins 20 minutes chacune, le matin et l'après-midi, et ce, dès l'automne prochain.

De passage à l'école Montagnac à Lac-Beauport mardi, Jean-François Roberge a loué les bienfaits des récréations sur la santé des jeunes. Il s'est engagé à modifier le régime pédagogique pour y inscrire un temps minimum de récréations par jour.

Actuellement, il n'existe aucune balise au Québec pour guider les écoles dans la gestion des récréations. Le régime pédagogique indique simplement que "l'élève de l'enseignement primaire bénéficie d'une période de détente le matin et l'après-midi".

Selon un sondage réalisé en 2017 par la Coalition québécoise sur la problématique du poids et la Fédération des comités de parents du Québec, près de 40 pour cent des écoles primaires offrent moins de 30 minutes de récréation par jour. Une école sur cinq n'offre aucune récréation à l'extérieur en après-midi.

Des écoles s'étaient notamment plaintes de ne pas avoir assez d'espace à l'extérieur pour laisser sortir tous les enfants en même temps.

"On croit que les récréations sont cruciales pour les enfants, a tranché le ministre Roberge, mardi. Elles permettent aux élèves d'être actifs physiquement, de passer du temps dehors, de s'aérer le cerveau, de contribuer à un climat scolaire qui est sain et qui plaît.

"Ça permet aussi aux professeurs de prendre une petite pause et d'échanger avec des élèves dans des contextes qui sont différents", a-t-il ajouté.

"Par ailleurs, cela constitue un pas de plus vers l'atteinte de l'objectif recommandé de faire au minimum 60 minutes d'activités physiques par jour", a renchéri la ministre déléguée à l'Éducation et triple médaillée olympique, Isabelle Charest.

Selon elle, plus d'un tiers des enfants âgés entre 6 et 11 ans n'atteignent pas ce seuil à l'heure actuelle.

Le gouvernement souligne qu'il instaure un temps minimum de récréations par jour, c'est-à-dire que des écoles pourront offrir des pauses dépassant 20 minutes si elles le désirent, quitte à retrancher dans la matière enseignée.

Certaines écoles pourraient faire 20 ou 25 ou 30 (minutes). On va laisser une grande flexibilité aux commissions scolaires et aux écoles pour modeler leurs horaires.Jean-François Roberge

La mesure, qui s'inscrit dans le cadre des Journées de la persévérance scolaire, n'entraînera aucun coût supplémentaire, a-t-il assuré. "Ça rentre dans la tâche des enseignants. C'est une répartition différente du temps de présence devant élèves. Ça se fait dans le cadre des conventions collectives."

Jean-François Roberge se dit toutefois sensible aux besoins des écoles. Il promet de débloquer bientôt des fonds pour le réaménagement et l'entretien des cours d'école.

Mardi, la Coalition québécoise sur la problématique du poids s'est réjouie de cette annonce "qui vise l'égalité des chances de grandir en santé et de réussir".

Mais elle "ne règle pas tout", a soutenu sa directrice, Corrine Voyer, en mêlée de presse.

Par exemple, rien ne garantit que les récréations se dérouleront

à l'extérieur. "On règle une partie du problème. Il va falloir que l'on soutienne les milieux, certainement, pour être capable de mettre en oeuvre cette mesure-là", a-t-elle déclaré.

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