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11/02/2019 16:00 EST | Actualisé 11/02/2019 16:01 EST

Transat poursuivie pour 1 M$ pour un voyage en 2002

Une histoire judiciaire avec une suite de rebondissements abracadabrants.

Vladimir Cetinski via Getty Images

MONTRÉAL — Un procès impliquant une famille qui réclame près d'un million de dollars à Transat Tours et à une chaîne hôtelière de Jamaïque doit débuter le mois prochain à Gatineau, plus de 16 ans après les faits en cause.

La requête initiale avait été déposée en novembre 2005 par Gilles Mongeon et Lise D'Amours. Le couple reprochait à l'hôtel Royal Decameron Club Caribbean, en Jamaïque, d'avoir épandu des pesticides pendant leur présence lors d'un voyage entre le 23 décembre 2002 et le 6 janvier 2003.

Selon les faits allégués par le couple, l'homme et la femme se seraient immédiatement sentis mal. Ils rapportent avoir observé plusieurs symptômes: palpitations cardiaques, difficultés respiratoires légères, pâleur, faiblesse intense. Certains symptômes auraient perduré plusieurs jours.

À son retour au Québec, le couple soutient avoir observé une aggravation des symptômes.

Les demandeurs réclament des dommages corporels, moraux et matériels ainsi que le remboursement de frais médicaux pour des traitements par intraveineuse, des traitements de psychiatrie, des médicaments et des vitamines ainsi que des verres fumés.

Suite de rebondissements

Le processus judiciaire qui s'étire depuis plus de 13 ans a connu son lot de rebondissements. D'abord, la chaîne hôtelière jamaïcaine a tenté de faire annuler la poursuite en contestant la compétence des tribunaux québécois, ce qui a été rejeté par la Cour supérieure en 2006 et confirmé par la Cour d'appel en 2007.

Par la suite, les demandeurs ont réajusté deux fois leur réclamation monétaire. De la somme initiale de 532 927,51$ avancée en 2005, le couple triple sa demande à 1,6 million $ en 2008, avant de réduire à 973 581,58 $ en 2014.

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En cours de route, les demandeurs ont aussi remercié deux fois leurs avocats. Une première fois tout juste avant le début du procès prévu en septembre 2011, puis une deuxième fois en 2017, juste avant l'audition d'une requête de la défense pour faire rejeter la poursuite.

Ce qui a fait dire au juge Pierre Dallaire que les demandeurs sont mieux de s'assurer de garder leurs avocats à l'avenir. «Par analogie avec le baseball, il s'agirait alors de la troisième prise», écrit-il.

Un autre événement inattendu est venu bouleverser l'évolution du dossier. En décembre 2012, l'un des demandeurs, M. Gilles Mongeon, décède à l'âge de 59 ans. Les poursuivants sont désormais Lise D'Amours, la succession de Gilles Mongeon et les enfants du couple, Stéphanie et Jean-François.

Un témoin expert gênant

Le tout dernier revirement abracadabrant dans cette saga, dont le procès n'a toujours pas eu lieu, est une requête de la poursuite déposée le 7 décembre dernier pour obtenir l'autorisation de remplacer son témoin expert.

Les demandeurs voulaient remplacer la Dre Jennifer Armstrong, ainsi que ses trois rapports déposés au tribunal, par une pharmacologue. Ils alléguaient l'indisponibilité de leur experte en vue du procès qui doit avoir lieu en mars.

Devant la juge Carole Therrien, la poursuite est incapable d'expliquer les raisons de l'absence prévue de leur témoin qui sait depuis un an à quelle date elle doit être entendue en cour. L'avocate de la famille Mongeon fait également part d'un bris de confiance.

La demande a été rejetée.

Le problème, c'est que la Dre Armstrong a fait l'objet d'une sanction du comité de discipline du Collège des médecins de l'Ontario, en 2015, pour ne pas avoir respecté les normes de la profession.

Il est désormais interdit à cette spécialiste de la médecine environnementale de traiter des patients qui ne sont pas déjà suivis par un médecin de famille.