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11/02/2019 12:38 EST | Actualisé 11/02/2019 12:38 EST

Un réseau international de blanchiment d'argent démantelé à Montréal

Plus de 300 policiers ont pris part à l'opération lundi matin.

Onfokus via Getty Images

MONTRÉAL — La Gendarmerie royale du Canada a procédé à une vaste opération lundi matin visant à démanteler un réseau mondial de blanchiment d'argent, qui avait des ramifications jusque dans la grande région de Montréal.

Des enquêteurs de la GRC du Québec et de l'Ontario, en collaboration avec l'Agence du revenu du Canada, ont mené ce projet baptisé «Collecteur» entre mai 2016 et le printemps 2018.

Selon le sergent Luc Thibault, du bureau de la GRC à Montréal, les individus visés par les mandats d'arrestation facilitaient «la collecte d'argent auprès de groupes criminels pour ensuite blanchir le fruit de leurs activités illicites».

«C'est ce qu'on appelle communément du blanchiment d'argent», précise-t-il.

Plus de 300 policiers de la GRC du Québec et de l'Ontario ainsi que des corps de police des villes de Montréal, Laval et Toronto ont participé à l'opération qui s'est mise en branle à 6h00 lundi matin.

Onze perquisitions ont été menées et 19 individus étaient visés par des mandats d'arrestation, dont 12 dans la grande région de Montréal et sept dans la région de Toronto.

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Tous les suspects arrêtés devaient être emmenés à Laval en cours de journée. Un avion de la GRC a atterri à l'aéroport de Saint-Hubert, à 10h15, avec à son bord certains prévenus arrêtés à Toronto. D'autres devaient arriver plus tard par voies terrestres.

D'après le sergent Luc Thibault, de grosses quantités de cannabis, de cocaïne, de haschisch et de métamphétamines ont été saisies, de même que plus de 1,7 million $ en devises canadiennes et étrangères.

L'Agence du revenu du Canada aurait également exécuté une ordonnance de saisie sur des biens immobiliers.

Une conférence de presse est prévue mardi matin au quartier général de la GRC à Montréal pour dévoiler les détails de l'enquête et les ramifications de ce réseau international.

L'ABC du blanchiment d'argent

Selon les informations disponibles sur le portail du Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada, le blanchiment consiste à dissimuler la source des fonds obtenus par des activités criminelles.

Une pratique qui touche notamment «le trafic de stupéfiants, la contrebande, la fraude, l'extorsion de fonds et la corruption», précise-t-on.

À l'échelle de la planète, les transactions annuelles sont estimées entre 590 et 1500 milliards de dollars américains.

Dans un texte publié en septembre dernier sur le site web de l'Institut C.D. Howe, l'expert en prévention du blanchiment d'argent, Denis Meunier, mentionne que les autorités canadiennes estiment très vaguement la valeur du marché à l'intérieur d'une fourchette de 5 à 100 milliards $.

Le centre fédéral de surveillance souligne que ces fonds compromettent «l'intégrité des institutions et des systèmes financiers légitimes», en plus de procurer des fonds au crime organisé.

Le processus du blanchiment d'argent consisterait en trois grandes étapes, toujours selon le centre d'analyse des opérations:

  • D'abord «le placement», où l'argent obtenu par la criminalité est introduit dans le système financier légal.
  • Ensuite, «la dispersion», où l'on brouille les pistes par une série d'opérations financières comme l'achat et la vente d'actions ou de propriétés.
  • Finalement, «l'intégration», qui permet de réintroduire les bénéfices des transactions pour donner une apparence légitime aux fonds obtenus, à l'origine, par des activités criminelles.