NOUVELLES
11/02/2019 08:58 EST | Actualisé 11/02/2019 18:19 EST

La ministre Charest prend «très au sérieux» la violence et le harcèlement dans le sport

340 entraîneurs du sport amateur ont été accusés d'un délit sexuel au cours des 20 dernières années, selon un reportage de Radio-Canada/CBC.

Jacques Boissinot/La Presse canadienne
La ministre déléguée à l'Éducation et responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest

La ministre déléguée à l'Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, est très préoccupée par les statistiques avancées par un reportage de Radio-Canada/CBC au sujet des délits sexuels commis par entraîneurs dans le sport amateur au cours des 20 dernières années au Canada.

Dans une enquête dont la première partie a été publiée dimanche, Radio-Canada/CBC rapporte que 340 entraîneurs du sport amateur ont été accusés d'un délit sexuel au cours des vingt dernières années au Canada. Selon la société d'État, "222 de ces accusations ont donné lieu à des condamnations pour des gestes envers 603 victimes mineures".

"Je suis très préoccupée par ces chiffres. Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour que les enfants évoluent dans un environnement sain et sécuritaire, a admis la ministre. Nous nous occupons de la situation. (...) Des gestes ont été posés au Québec. Nous sommes d'ailleurs des leaders, mais nous devons en faire davantage pour les enfants."

Parmi les ressources citées par la ministre Charest, il y a le site SportBienetre.ca et l'organisme Sport'Aide.

"Nous avons déjà ces outils en place, mais nous devons les publiciser davantage, a souligné Mme Charest. Nous rencontrerons les acteurs du domaine sportif afin d'aller de l'avant dans cette affaire. (...) Pour moi, un cas est un cas de trop. Il n'y a pas de doute dans mon esprit qu'on doit trouver des solutions."

À LIRE AUSSI:

» Isabelle Charest juge que le hidjab est un symbole d'oppression des femmes

» Des victimes de Bertrand Charest poursuivent Canada Alpin

» L'ex-entraîneur de gymnastique Michel Arsenault arrêté

Les ministres des Sports des provinces et des territoires se joindront à la députée de Brome-Missisquoi et la ministre fédérale, Kirsty Duncan, plus tard cette semaine à Red Deer, en Alberta, avant le lancement des Jeux d'hiver du Canada. La ministre Duncan souhaite un engagement important de tous les partenaires afin de protéger les athlètes.

"C'est tragique et complètement inacceptable, a déclaré la ministre Duncan au sujet des chiffres avancés par Radio-Canada/CBC. Il n'y a pas de place pour le déni ou pour quelque délai que ce soit. Nous devons être transparents et travailler de concert dans ce dossier. Les jeunes Canadiens comptent sur nous."

La majorité des cas recensés par Radio-Canada/CBC proviennent du hockey et du soccer, une situation que trouve déplorable Paul Ménard, directeur général de Hockey Québec.

"Ce n'est pas reluisant. De notre côté, c'est tolérance zéro. Dès que nous recevons une information quelconque en ce sens, on retire immédiatement l'entraîneur du milieu, a-t-il affirmé. On ne prend aucune chance. Ce qui est important, c'est de réagir rapidement. Avec Hockey Canada, l'entraîneur est fiché. Je réalise toutefois en lisant les résultats de l'enquête qu'on devrait partager l'information entre les sports. Il y a un manque de ce côté."

Si plusieurs fédérations sportives font déjà une vérification des antécédents judiciaires des entraîneurs et bénévoles oeuvrant dans leurs sports respectifs, certains observateurs se sont demandé, à la lueur des résultats de l'enquête de Radio-Canada/CBC, si plus d'informations ne devraient pas être rendues publiques. Sans être fermée à l'idée, la ministre Charest a rappelé que certains outils existent déjà.

"Ça dépend de quel genre d'informations et de quel genre de situations. Il y a déjà le Registre national des délinquants sexuels, mais c'est pour les personnes condamnées. Nous en discuterons davantage avec les autres ministres cette semaine, mais au Québec, la discussion s'est déjà amorcée en 2017, alors que nous avons une politique en place pour prévenir les abus sexuels. Nous devons toutefois continuer de travailler sur ce dossier."

Nouvel outil

Mme Charest se trouvait lundi dans les bureaux de Hockey Québec afin de promouvoir la publication de l'ouvrage "Guide de gestion de cas au hockey", qui a pour but d'outiller les différents intervenants qui sont confrontés à des situations jugées inacceptables de la part des parents au hockey mineur. Le lancement de cet ouvrage était déjà prévu à l'agenda de la ministre et n'était pas en lien avec l'enquête de Radio-Canada/CBC.

En plus de dresser la liste de ces comportements inacceptables, le document, mis sur pied par Hockey Québec en collaboration avec Équijustice Arthabaska-Érable, propose des pratiques pour favoriser un bon climat et prévenir les débordements, les rôles et responsabilités de chacun, ainsi que les outils disponibles pour mieux gérer les situations problématiques.