NOUVELLES
11/02/2019 17:28 EST | Actualisé 11/02/2019 17:49 EST

Les États-Unis mettent en garde des alliés contre la technologie de Huawei

Selon le secrétaire d'État Mike Pompeo, il s'agit de risques réels sur la perte de la protection de la vie privée.

Zsolt Szigetvary/MTI via AP
Le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto, à droite, serre la main du secrétaire d'État américain Mike Pompeo.

BUDAPEST, Hongrie — Les États-Unis pourraient être contraints de réduire certaines activités en Europe et ailleurs si des pays continuent de faire affaire avec la société de télécommunications chinoise Huawei, a déclaré lundi le secrétaire d'État américain Mike Pompeo dans un nouvel avertissement qui souligne les préoccupations des États-Unis à propos de cette entreprise.

À Budapest, lors de la première étape d'une tournée européenne dans cinq pays au cours de laquelle il exprime ses préoccupations concernant l'influence croissante de la Chine et de la Russie en Europe centrale, M. Pompeo a déclaré que des pays devraient envisager de choisir entre Huawei et les États-Unis. L'avertissement était large, mais prononcé délibérément en Hongrie, un allié de l'OTAN et membre de l'Union européenne où Huawei est un acteur majeur.

M. Pompeo a affirmé que la Hongrie est «une nation souveraine (...) qui doit prendre ses propres décisions», tout en ajoutant qu'il était crucial de leur relayer des informations sur les risques que fait peser la présence de Huawei sur leurs réseaux.

Selon le secrétaire d'État, il s'agit de risques réels sur la perte de la protection de la vie privée, et sur l'utilisation de données par la Chine d'une manière qui ne serait pas dans l'intérêt supérieur de la Hongrie.

Les États-Unis ont mis en garde des pays contre les risques liés à la technologie des télécommunications chinoise, au moment où les pouvoirs publics choisissent des fournisseurs pour le déploiement de l'internet sans fil «5G», qui permettra des vitesses de téléchargement plus rapides, mais également une plus grande connectivité entre les appareils.

À lire aussi sur le HuffPost Québec:

M. Pompeo a dit avoir exprimé ses inquiétudes au ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, affirmant qu'il le ferait également au premier ministre nationaliste Viktor Orban, accusé de chercher à resserrer ses liens avec la Russie et la Chine et d'avoir instauré un régime de plus en plus autoritaire chez lui.

«Nous voulons nous assurer que nous leur soulignons les occasions et les risques liés à l'utilisation de cet équipement. Ils pourront ensuite prendre leurs décisions», a déclaré le secrétaire d'État américain.

Lors d'une conférence de presse avec M. Pompeo, M. Szijjarto a reconnu que Huawei était présente en Hongrie, mais a minimisé sa position sur le marché. Il a également souligné à plusieurs reprises que la Hongrie ne représentait que 1,2 pour cent des échanges de l'Union européenne avec la Chine.

«Cela ne nous met pas en danger d'être un allié», a affirmé M. Szijjarto.

M. Pompeo portera le même message à propos de Huawei à son prochain arrêt en Slovaquie mardi, avant de se rendre en Pologne, où il participera à une conférence sur l'avenir du Moyen-Orient, qui devrait se concentrer sur l'Iran. Il terminera la tournée par de brèves escales en Belgique et en Islande.

Les États-Unis, qui craignent que le gouvernement chinois n'utilise la technologie Huawei intégrée aux réseaux d'autres pays pour mener des activités d'espionnage ou de cyberattaques, pressent aussi le Canada sur cet enjeu.

Ottawa n'a pas encore pris de décision sur l'utilisation de la technologie chinoise Huawei pour l'implantation d'un réseau sans fil «5G» au pays.

Voir aussi: