POLITIQUE
11/02/2019 14:40 EST | Actualisé 11/02/2019 15:06 EST

Une enquête éthique aura lieu à Ottawa sur l'affaire SNC-Lavalin

Les néo-démocrates en avaient fait la demande vendredi au commissaire Mario Dion.

OTTAWA — Le commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique a accepté d'ouvrir une enquête sur l'affaire SNC-Lavalin, comme le lui demandait le Nouveau Parti démocratique (NPD).

Les néo-démocrates avaient formulé cette requête dans une lettre envoyée vendredi passé à Mario Dion.

L'opposition maintient la pression après la parution d'un article du Globe and Mail évoquant que des pressions politiques ont été exercées sur l'ex-ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould.

Cette dernière a jusqu'à présent refusé de commenter ces informations.

"En tant qu'ancienne ministre de la Justice et procureure générale du Canada, je suis liée par le secret professionnel dans cette affaire ", a-t-elle indiqué vendredi.

Le chef conservateur Andrew Scheer a écrit dimanche à Justin Trudeau pour lui demander de renoncer au secret professionnel afin de permettre à Mme Wilson-Raybould de s'exprimer publiquement.

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Le nouveau ministre de la Justice, David Lametti, a catégoriquement refusé de se prononcer sur la question du secret entre client et avocat, lundi.

"Le secret professionnel est une partie importante de notre système de loi, et comme avocat pour le gouvernement, comme procureur général du Canada, je ne peux pas faire de commentaire là-dessus", a-t-il fait valoir en mêlée de presse.

"Il n'y a pas une façon de l'expliquer qui ne compromettrait pas les principes d'indépendance que je dois maintenir", a-t-il enchaîné après avoir livré un discours devant l'Association du Barreau canadien, à Ottawa.

Mais les députés conservateurs et néo-démocrates ne lâcheront visiblement pas le morceau; ils veulent que lumière soit faite sur cette affaire; aussi ont-ils convoqué une réunion d'urgence du comité permanent de la justice.

La réunion se tiendra mercredi à Ottawa, et les élus de l'opposition qui siègent au comité déposeront une motion visant à faire comparaître plusieurs personnes, dont de proches conseillers du premier Justin Trudeau.

Le ministre Lametti a affirmé en fin de semaine sur les ondes de CTV qu'il ne voyait pas l'intérêt que le comité se réunisse pour discuter de cette affaire.

Il y est allé d'un rétropédalage, lundi, en affirmant que le comité était indépendant et qu'il lui revenait de statuer sur la nécessité d'une telle rencontre.

Le député libéral qui préside ce comité, Anthony Housefather, a écrit dimanche sur Twitter que la décision serait prise de façon indépendante, et que "personne n'a tenté de (l)'influencer".