POLITIQUE
09/02/2019 16:11 EST | Actualisé 09/02/2019 16:33 EST

Un exode d'étudiants chinois nuirait aux universités canadiennes

Ceux-ci sont devenus une source de revenus «cruciale» pour les écoles d'études supérieures.

Caiaimage/Sam Edwards via Getty Images

OTTAWA — Trois des plus grandes universités canadiennes seraient aux prises avec des difficultés financières si les étudiants chinois décidaient de quitter le pays dans la foulée du conflit diplomatique sino-canadien, selon l'agence de notation Moody's.

Les frais de scolarité sont beaucoup plus élevés pour les étudiants étrangers. Ceux-ci sont devenus une source de revenus «cruciale» pour les écoles d'études supérieures, a rappelé Moody's.

La Chine n'a pris aucune mesure pour empêcher la venue d'étudiants chinois au Canada, mais l'agence craint une escalade du conflit qui s'est amorcé par l'arrestation au Canada d'une cadre supérieure du géant des télécommunications Huawei.

Moody's a lancé cet avertissement plusieurs mois après qu'une querelle entre le Canada et l'Arabie Saoudite eut amené le royaume hachémite à annuler les bourses des étudiants saoudiens au Canada.

L'impact d'une telle démarche de la part de la Chine serait bien plus important, prévient Moody's dans son rapport, car il y a 15 fois plus d'étudiants chinois au Canada.

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Selon la firme, les étudiants chinois représentent près des deux tiers de la population étudiante internationale à l'Université de Toronto, plus du tiers à l'Université de la Colombie-Britannique et près du quart à l'Université McGill.

«L'intensification des tensions politiques entre le gouvernement du Canada et le gouvernement de la Chine pose des risques de crédit pour les universités canadiennes», craint Moody's.

Affaires mondiales Canada a signalé qu'en 2016, les étudiants étrangers ont dépensé plus de 15 milliards $ au Canada.

Les statistiques d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada pour 2018 montrent que plus de 77 000 étudiants chinois détenaient un permis d'études au Canada. En 2017, avant que le Canada suscite la colère de l'Arabie saoudite en demandant la libération immédiate des militantes des droits de la personne arrêtées par le gouvernement saoudien, 5090 étudiants saoudiens étaient titulaires d'un permis canadien.

Ce nombre est tombé à 2720 en 2018.

«Dans ce cas, l'impact sur les revenus était relativement limité étant donné que les étudiants saoudiens ne représentaient qu'une petite partie des étudiants étrangers», a fait valoir Moody's.

Statistique Canada signale que le nombre d'étudiants étrangers a augmenté de 40 pour cent au Canada de 2013 à 2017. Le nombre d'étudiants chinois a grimpé de 54 pour cent au cours de la même période. L'agence fédérale rapporte également les frais de scolarité moyens d'un étudiant étranger dans une université canadienne s'élevaient à 27 159 $ en 2018, soit près de quatre fois plus que les étudiants canadiens.

Depuis l'arrestation de Meng Wanzhou en décembre, la Chine a arrêté deux Canadiens, dont un ancien diplomate, pour des raisons de sécurité nationale, et a condamné à mort un Canadien reconnu coupable de trafic de drogue.

Le Canada dit à ses citoyens de faire preuve d'une «grande prudence» lorsqu'ils vont en Chine à cause de «l'application arbitraire des lois locales».

La Chine, à son tour, a averti ses citoyens de «bien évaluer les risques» avant de se rendre au Canada.

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