POLITIQUE
08/02/2019 16:39 EST | Actualisé 08/02/2019 16:47 EST

Les coffres sont bien garnis à Québec, mais le ministre des Finances reste prudent

Après huit mois de l'exercice financier 2018-2019, la province compte sur un surplus de 4,3 milliards $.

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Le ministre québécois des Finances, Éric Girard, continue à jouer de prudence en prévoyant un surplus de 1,7 milliard $ à la fin de l'exercice 2018-2019, et ce, même si un surplus de 4,43 milliards $ se trouve dans les coffres de l'État après huit mois.

En novembre, la performance économique a encore été au rendez-vous, ce qui a fait en sorte que l'augmentation des revenus a encore été plus marquée que la progression des dépenses.

Le surplus de 4,43 milliards $ - qui tient compte d'un versement de 1,7 milliard $ au Fonds des générations - a été dévoilé dans le rapport mensuel des opérations financières au 30 novembre, publié vendredi après la fermeture des marchés. Il est bien plus élevé que celui de 2,46 milliards $ enregistré à la même période l'an dernier.

Il est évident que les rentrées fiscales autonomes ont été très bonnes dans tous les secteurs.Éric Girard, ministre des Finances

Toutefois, le gouvernement Legault s'attend à ouvrir les vannes en dépensant près de 2,7 milliards $ d'ici la fin de l'année financière, souligne le rapport.

Cela s'explique par une sortie prévue de 2,5 milliards $ afin d'atteindre des cibles de dépenses ainsi que par un autre montant de 229 millions $ attribuable aux différentes initiatives figurant dans la mise à jour économique.

Parallèlement, Québec anticipe une plus faible progression des revenus autonomes, alors que la croissance économique devrait ralentir.

M. Girard a reconnu qu'il y avait plus de chance, après plus de huit mois dans l'exercice, que le surplus budgétaire dépasse les prévisions. Le ministre a toutefois ouvert la porte à des "mesures ciblées" destinées à "l'amélioration des services publics" si des sommes ne sont pas dépensées.

Si l'on constate que les dépenses persistent à ne pas se réaliser, nous allons évaluer la possibilité de se tourner vers des initiatives ciblées non récurrentes.Éric Girard, ministre des Finances

"Si l'on constate que les dépenses persistent à ne pas se réaliser, nous allons évaluer la possibilité de se tourner vers des initiatives ciblées non récurrentes", a dit M. Girard.

Étant donné qu'il s'affaire encore à préparer son premier budget, qui devrait être déposé en mars, le grand argentier de la province n'a pas voulu ouvrir son jeu quant aux mesures qu'il pourrait offrir aux contribuables.

Huit mois après le début de l'exercice, les revenus autonomes - qui excluent les recettes générées par les sociétés d'État - atteignaient 41,7 milliards $, en hausse de huit pour cent, ou de 3,2 milliards $.

En revanche, les dépenses de programmes ont été de 48,2 milliards $, en hausse de 5,1 pour cent, ce qui est inférieur à la cible de croissance de 5,6 pour cent de la mise à jour économique pour l'année financière 2018-2019.

Plus précisément, l'impôt prélevé sur le revenu des particuliers a permis à Québec d'empocher 1,4 milliard $ de plus, alors que pour celui des entreprises, ce sont 590 millions $ supplémentaires qui ont été récoltés. Les taxes à la consommation ont aussi généré 529 millions $ de plus.

La croissance au rendez-vous, mais...

À 2,5 pour cent, la croissance économique a été au rendez-vous en 2018, mais un début de ralentissement a été constaté dans la deuxième moitié de l'année.

"La hausse a été de trois pour cent pendant le premier semestre et de deux pour cent au deuxième semestre", a indiqué M. Girard, qui anticipe une croissance de 1,9 pour cent du produit intérieur brut en 2019.

De leur côté, les transferts fédéraux ont été de 14 milliards $, en hausse de 4,3 pour cent. Ainsi, la hausse globale des revenus pour les huit premiers mois de l'exercice a été de 7,3 pour cent, pour atteindre 55,7 milliards $.

Par ailleurs, les sociétés d'État comme Loto-Québec, la Société des alcools du Québec ainsi qu'Hydro-Québec ont injecté 287 millions $ de plus dans les coffres de l'État d'avril à novembre, soit 13,4 pour cent de plus comparativement à la période correspondante de l'exercice précédent.