POLITIQUE
08/02/2019 12:57 EST | Actualisé 08/02/2019 12:57 EST

Sous le radar: les événements passés inaperçus à l’Assemblée nationale cette semaine

Dans le brouhaha politique, il est facile d’en manquer des bouts. Voici donc trois événements qui nous sont passés sous le nez sur la scène politique à Québec.

La Presse canadienne
Un échange entre Dominique Anglade et Pierre Fitzgibbon a retenu notre attention...

QUÉBEC - On mange de la politique au HuffPost Québec, mais il est souvent difficile d'écrire sur tout ce qui se passe à l'Assemblée nationale dans une journée.

Nous vous proposons donc un récapitulatif de trois moments, qui n'ont pas nécessairement fait les manchettes, afin d'apprécier la beauté de notre démocratie... ou pas!

Moment de mansplaining au Salon bleu

La Presse canadienne
Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie et de l'Innovation, a-t-il répondu trop vite à sa prédécesseure Dominique Anglade?

Le mansplaining - ou la «mecsplication» en français - est une tendance de certains hommes à expliquer, d'un ton condescendant, ce qu'une femme sait déjà.

C'est ce qui s'est passé avec le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, qui a été piqué au vif par une question de sa prédécesseure libérale, Dominique Anglade, lors de la période de questions, mardi.

Mme Anglade s'est moquée du fait que le premier ministre se targue d'être un «deal maker». Or, il a ramené «zéro deal» au retour du Forum économique mondial de Davos, dit-elle.

«Ma collègue ne comprend pas comment fonctionnent les transactions...» a répondu le ministre Fitzgibbon, avant d'être interrompu par les huées de l'opposition.

L'homme d'affaires a par la suite expliqué que le gouvernement avait rencontré une vingtaine de patrons de grandes sociétés européennes et que les retombées se feraient sentir dans quelques années. Il était donc prématuré de parler d'annonces tout de suite.

Cette «intervention de mecsplication majeure» a été notée sur les réseaux sociaux par le député solidaire Sol Zanetti, qui a résumé la situation de la façon suivante: «On se serait cru il y a très longtemps.»

Bien sûr, M. Fitzgibbon n'a pas à ménager sa critique de l'opposition parce qu'elle est une femme. Mais de prétendre que l'ancienne ministre de l'Économie ne comprend pas son ancien portfolio? Vraiment?

Un projet de loi pour les sinistrés

La Presse canadienne
La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, lors du dépôt de son projet de loi.

Entre hauts cris des partis d'opposition sur l'affaire Lamontagne et la première nomination partisane de la CAQ, une initiative prometteuse de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a été complètement tassée de l'actualité.

Mme Guilbault a déposé la Loi modifiant la Loi sur la sécurité civile concernant l'assistance financière, qui jette les bases législatives pour introduire un nouveau programme d'assistance financière pour les sinistrés du Québec à terme.

L'idée du projet de loi est de réduire la bureaucratie pour simplifier la vie des sinistrés. Le gouvernement promet de faciliter et d'accélérer le traitement des dossiers de réclamation pour les victimes d'inondations, de tornades ou autres catastrophes naturelles.

Ainsi, il serait possible de recevoir un montant d'argent donné avant d'entreprendre des rénovations, au lieu de se les faire rembourser après coup, avec des factures et des pièces justificatives. Plusieurs sinistrés s'étaient plaints de s'être endettés dans le processus.

Le premier ministre François Legault avait demandé à Mme Guilbault de préparer ce nouveau programme d'aide pour les sinistrés après avoir rencontré des victimes de la tornade de l'automne dernier en Outaouais.

Une fois le projet de loi adopté, le nouveau programme pour les sinistrés pourrait être adopté par voie de règlement.

Des nominations transpartisanes

La Presse canadienne
Jean-Pascal Bernier (droite), ex-chef de cabinet du premier ministre Couillard, a été nommé à la Société d'habitation du Québec par la CAQ.

On en a parlé un peu plus haut, la nomination de Catherine Loubier comme déléguée générale du Québec à New York a bien sûr retenu l'attention cette semaine.

Mme Loubier, qui est directrice adjointe au cabinet du premier ministre Legault, est considérée comme la première «nomination partisane» du gouvernement Legault, et les partis d'opposition n'ont pas manqué de le vilipender à ce sujet.

Rappelons que Mme Loubier est surtout connue comme l'ancienne conseillère québécoise de l'ex-premier ministre du Canada, Stephen Harper. Elle a gravité dans les sphères conservatrices à Ottawa et a occupé plusieurs postes dans le secteur privé.

M. Legault dit l'avoir rencontrée pour la première fois l'automne dernier, alors qu'elle s'affairait à diriger la période de transition du gouvernement Legault.

Ce dont on a moins parlé, par contre, ce sont les nominations remarquées de proches des deux anciens premiers ministres au même moment que la nomination de Mme Loubier.

Jean-Pascal Bernier, qui était jusqu'à tout récemment directeur de cabinet du premier ministre Philippe Couillard, a été nommé vice-président de la Société d'habitation du Québec.

Stéphane Dolbec, qui a travaillé auprès de la première ministre Pauline Marois, a été nommé secrétaire général associé au ministère du Conseil exécutif.

Comme quoi d'anciens libéraux et d'anciens péquistes y trouvent aussi leur compte!