POLITIQUE
08/02/2019 12:57 EST | Actualisé 08/02/2019 12:57 EST

François Legault veut pouvoir «attacher» les immigrants aux régions

Mais Ottawa n'est vraiment pas favorable à l'idée.

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François Legault espère toujours convaincre Ottawa de redonner au Québec le pouvoir d'assigner un lieu de résidence aux immigrants, une mesure qui lui permettrait d'ajuster les entrées de nouveaux travailleurs aux besoins de main-d'oeuvre dans les régions.

Tout indique que le gouvernement Trudeau n'est guère entiché par l'idée, toutefois.

Dans un courriel à La Presse canadienne, le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, affirme que son gouvernement respectera l'Accord Canada-Québec en matière d'immigration, qu'il est à analyser le projet de loi du gouvernement Legault mais que, «de prime abord, nous ne sommes pas favorables à la réintroduction de la résidence permanente conditionnelle».

Le ministre LeBlanc affirme que son gouvernement est prêt à travailler avec Québec pour résoudre les problèmes de manque de main-d'oeuvre, mais il précise que les conditions au maintien de la résidence permanente introduites en 2012 par le gouvernement conservateur de Stephen Harper avaient été retirées par son gouvernement «parce qu'elles mettaient en danger les conjointes en situation précaire».

Une contrainte imposée au travailleurs étrangers temporaires

De passage dans une entreprise de Beauceville en manque de main-d'oeuvre, vendredi, M. Legault a cependant fait valoir que, d'ici à ce qu'Ottawa change son fusil d'épaule, il serait possible d'imposer cette contrainte aux travailleurs étrangers temporaires qui souhaitent immigrer au Canada.

«Quand une entreprise signe un contrat pour embaucher quelqu'un qui vient de l'extérieur du Québec ou du Canada, il y a possibilité comme travailleur temporaire de l'attacher pendant un an, deux ans, à une entreprise comme travailleur temporaire», a expliqué le premier ministre en point de presse.

François Legault a ajouté qu'«il y a beaucoup de travailleurs temporaires qui seraient intéressés à devenir des immigrants permanents» et qu'en passant par ce bassin de main-d'oeuvre, «on peut atteindre le même objectif».

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«Dans un premier temps, les associer à un emploi et, dans un deuxième temps, avant de leur donner la résidence permanente et la citoyenneté, exiger la réussite d'un test de français et d'un test de valeurs», a expliqué le premier ministre.

Quant à l'obtention du pouvoir d'en faire autant avec les candidats à l'immigration, il s'est dit «confiant que M. Trudeau va accepter parce que c'est un pouvoir qui avait été donné au Québec dans le temps de Robert Bourassa; je ne vois pas pourquoi on ne serait pas capable de ravoir un pouvoir qu'on avait déjà.»

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