BIEN-ÊTRE
08/02/2019 15:53 EST | Actualisé 11/02/2019 11:17 EST

Le Collectif 8 mars en a assez de la récupération commerciale de la Journée internationale des femmes

Il plaide pour un changement de nom.

Melpomenem via Getty Images

Las de voir la journée du 8 mars récupérée par des commerçants, le Collectif 8 mars ne veut plus de la Journée internationale des femmes... Il veut plutôt la Journée internationale des droits des femmes.

À un mois du 8 mars, le Collectif vient en effet d'écrire au Conseil du statut de la femme pour l'inviter à utiliser cette appellation, comme lui, pour éviter le détournement du sens de la journée.

Traditionnellement, le 8 mars est une journée de revendications sociales et politiques pour les femmes. Il permet de ramener à l'ordre du jour les revendications comme l'équité salariale, les congés pour responsabilités familiales, la situation des femmes autochtones, l'accès aux postes de décision, des campagnes contre la violence conjugale et autres.

On veut aller à l'origine du 8 mars, aller vers les revendications qui sont faites à toutes les années et éviter les dérapages ou les déviations mercantiles qu'il pourrait y avoir.Gabrielle Bouchard, porte-parole du Collectif 8 mars

Or, depuis quelques années, des commerçants en profitent pour récupérer la journée et la détourner de son sens premier, a déploré au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne Gabrielle Bouchard, porte-parole du Collectif 8 mars. Des fleuristes offrent des rabais, des compagnies de cosmétiques font des promotions lors de cette journée.

Mme Bouchard ne croit pas qu'il y ait là une intention malicieuse de la part des commerçants, mais elle plaide pour recentrer la mission de la journée en revoyant son appellation — d'où la Journée internationale des droits des femmes.

«On veut aller à l'origine du 8 mars, aller vers les revendications qui sont faites à toutes les années et éviter les dérapages ou les déviations mercantiles qu'il pourrait y avoir. Le 8 mars, pour l'ensemble des femmes, ce n'est pas d'avoir un rabais chez le fleuriste dont on a besoin, c'est d'une égalité de droits», a plaidé Mme Bouchard.

Rencontrer Legault?

À un mois du 8 mars, le Collectif espère pouvoir rencontrer le premier ministre François Legault ce jour-là, comme ses prédécesseurs Philippe Couillard et Pauline Marois l'avaient fait, en s'engageant même à rencontrer le Collectif à chaque année, le 8 mars. Traditionnellement, le Collectif 8 mars rencontre en même temps la ministre de la Condition féminine.

«On espère. La demande a été envoyée avant les Fêtes et on a eu des communications intéressantes pour dire qu'on aurait probablement une rencontre», a ajouté Mme Bouchard.

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Le Collectif 8 mars regroupe la Fédération des femmes du Québec, Femmes de diverses origines, en plus des organisations syndicales suivantes: la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) et le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ).

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