POLITIQUE
05/02/2019 13:25 EST | Actualisé 05/02/2019 18:16 EST

Ciblé par l’opposition, le ministre Lamontagne reste en poste avec l’appui de Legault

Les partis d'opposition ont demandé au premier ministre d'éviter les «doubles standards».

La Presse canadienne
Le ministre André Lamontagne est sur la sellette après le congédiement d'un lanceur d'alerte.

QUÉBEC - Le jour de rentrée parlementaire n'a pas été de tout repos pour le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne, qui a dû défendre le congédiement du lanceur d'alerte Louis Robert.

Les partis d'opposition n'ont pas demandé sa démission, mais c'est tout comme. Ils demandent au au premier ministre François Legault d'appliquer les mêmes standards qui ont mené à la rétrogradation de l'ex-ministre MarieChantal Chassé.

L'ancienne ministre de l'Environnement a perdu son portfolio en raison de sa difficulté à communiquer avec les journalistes, selon les raisons invoquées par M. Legault. Il l'a remplacée par Benoit Charette au début du mois de janvier.

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Or, M. Lamontagne qui place le gouvernement dans l'embarras depuis une semaine à la suite de déclarations contradictoires.

«Moi, j'appelle M. Legault à de la cohérence, a affirmé Martin Ouellet, leader parlementaire du Parti québécois. On a là un exemple de mauvaise communication entre un ministre et son ministère. Je vais laisser M. Legault appliquer le même jugement qu'il a eu pour Mme Chassé.»

La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, s'est risquée à faire une lecture féministe de la situation.

«Vous savez comme moi que parfois, les standards sont différents pour les hommes et les femmes, alors la question se pose», a-t-elle répondu.

«Dans cette situation-ci, je ne veux pas qualifier les deux, mais un est un homme et une est une femme. J'ai confiance qu'on va garder en tête qu'on est en 2019. S'il y a un double-standard, que M. Legault en prenne acte et qu'il agisse», a poursuivi Mme Massé.

La responsabilité du sous-ministre

Les libéraux ont entamé la première période de questions de 2019 en exigeant des réponses pour ce «congédiement politique». Ils estiment que M. Robert devrait réintégrer ses fonctions, le temps que la Protectrice du citoyen fasse la lumière sur cette affaire.

Le premier ministre Legault, lui, dit avoir confiance «à 110%» en son ministre de l'Agriculture et refuse de réembaucher M. Robert. Il jette plutôt le blâme sur le sous-ministre, Marc Dion, «nommé par les libéraux» et reconduit dans ses fonctions par les caquistes.

M. Robert, qui cumulait 30 ans d'expérience dans la fonction publique, a été remercié après avoir dénoncé l'ingérence du secteur privé dans les recherches effectuées sur l'usage des pesticides par le Centre de recherche sur les grains (CÉROM), financé par l'État québécois.

Il a été limogé le 24 janvier pour avoir transmis un document confidentiel à un journaliste, ainsi que pour avoir contrevenu à ses obligations de discrétion, selon la lettre de congédiement rendue publique.

Le président du conseil d'administration du CÉROM, Christian Overbeek, est aussi président des Producteurs de grains du Québec. Il siège sur le conseil d'administration de l'organisme depuis 2006.

Une révision de la loi à prévoir?

Tant le Parti québécois que Québec solidaire ont réclamé une bonification de la « Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics », adoptée en 2016, qui doit protéger les lanceurs d'alerte. Les libéraux seraient ouverts à en discuter.

«Actuellement, la loi ne protège pas les lanceurs d'alerte, a déploré le péquiste Sylvain Roy. S'ils dénoncent à l'intérieur de leurs propres ministères et qu'on fait du cover-up puis on essaie de les contrôler, ça ne fonctionne pas.»

«Nous, ce qu'on demande, c'est que M. Robert ne soit pas la victime d'une loi qui est supposée le protéger et qui ne le protège pas», a résumé Manon Massé, porte-parole de Québec solidaire.

En réponse à sa question au Salon bleu, M. Legault a admis que son gouvernement «n'exclut pas» de réviser la loi à ce moment-ci.

En 2016, le député Éric Caire estimait que le projet de loi était «hautement perfectible» puisque sa structure était très complexe pour dénoncer des situations répréhensibles.

Avec La Presse Canadienne

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