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02/02/2019 09:47 EST | Actualisé 02/02/2019 09:54 EST

La Russie suspend à son tour sa participation au traité antinucléaire

Le traité qui abolit l'utilisation des armes nucléaires de portée intermédiaire (INF) avait été signé à la fin de la Guerre froide, en 1987.

La Russie a riposté samedi à la décision annoncée la veille par les États-Unis de se retirer d'un traité bilatéral de désarmement nucléaire, en suspendant à son tour sa participation à cet accord crucial, au risque d'une nouvelle course aux armements.

Les deux pays s'accusent mutuellement de violer le traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF) signé à la fin de la Guerre froide, en 1987. Ce texte abolit l'usage - par eux seuls - des missiles terrestres d'une portée de 500 à 5 500 km.

Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi que les États-Unis allaient dès samedi "suspendre leurs obligations dans le cadre du traité INF et enclencher le processus de retrait". Celui-ci "sera achevé dans six mois à moins que la Russie ne remplisse ses obligations en détruisant tous ses missiles, lanceurs et équipements qui violent le texte", a-t-il encore dit.

"Nos partenaires américains ont annoncé qu'ils suspendaient leur participation à l'accord et nous la suspendons également", a rétorqué samedi Vladimir Poutine, ajoutant que Moscou ne prendrait plus l'initiative de négociations sur le désarmement avec Washington.

ALEXEY NIKOLSKY via Getty Images
Vladimir Poutine en réunion avec son ministre de la Défense, Sergei Shoigu.

"Nous attendrons que nos partenaires (américains) aient suffisamment mûri pour avoir un dialogue d'égal à égal et significatif avec nous sur cet important sujet", a fait savoir le président russe au cours d'une rencontre retransmise à la télévision avec ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Sergueï Lavrov et Sergueï Choïgou.

Vendredi, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait assuré que les Etats-Unis étaient "prêts" à continuer de discuter avec la Russie "au sujet du désarmement", à condition que les résultats puissent être "mis en oeuvre et vérifiés".

Nouveaux missiles

Vladimir Poutine avait déjà menacé de donner son feu vert à la mise au point de nouveaux missiles de portée intermédiaire si les Américains renonçaient au traité INF. Il avait également évoqué l'adaptation d'engins similaires jusqu'alors déployés en mer ou dans les airs - non interdits par le traité - pour pouvoir être tirés à partir du sol.

La décision des États-Unis de se retirer du traité INF leur ouvre également la voie à la modernisation de leur arsenal.

En rendant publique en février 2018 sa nouvelle posture nucléaire, Washington avait annoncé vouloir mettre au point deux nouvelles armes : un missile nucléaire de faible puissance, qui sera tiré d'un sous-marin, et un missile de croisière qui violerait le traité INF.

Le ministère russe de la Défense a accusé samedi les États-Unis d'avoir pris la décision d'abandonner cet accord "deux ans avant les accusations publiques infondées portées contre la Russie sur une violation du traité".

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Dès 2017, "Washington a non seulement pris cette décision mais a également commencé les préparatifs en vue de la production de missiles de courte portée et de portée intermédiaire interdits par le traité", a--il écrit dans un communiqué.

Fin 2018, le président russe avait par ailleurs suggéré d'associer de nouveaux États au traité INF, tels que la Chine qui s'est dotée de missiles dont le document interdit la mis au point.

Pékin s'est à cet égard dit samedi "opposé au retrait des États-Unis" et a exhorté les deux signataires du traité à "régler leurs différends de façon appropriée par le biais d'un dialogue constructif".

«Course aux armements»

Washington avait donné en décembre à la Russie 60 jours, jusqu'au 2 février, pour démanteler ses nouveaux missiles violant l'accord aux yeux des Américains et de l'Otan.

La Russie avait pour sa part rejeté ces accusations "sans fondement", reprochant en retour à Washington de ne pas se conformer au traité INF et dénonçant la "stratégie des Etats-Unis" qui consiste selon elle à "s'affranchir de leurs obligations juridiques internationales".

Les premières déclarations officielles sur des violations russes remontent à la présidence de Barack Obama, en 2014, et Donald Trump avait dès octobre évoqué une sortie de cet accord.

Des discussions ces deux derniers mois n'ont abouti à aucun progrès et peu d'observateurs envisagent une percée d'ici au retrait définitif de Washington, début août.

"La Russie a mis en danger la sécurité" de "millions d'Européens et d'Américains" "et nous ne pouvons plus être entravés par un traité pendant que la Russie le viole éhontément", a assuré vendredi Mike Pompeo.

Moscou a de son côté accusé les Etats-Unis de chercher son "épuisement économique" par "une nouvelle course aux armements".

"S'il y a une course aux armements, c'est la Russie qui l'a lancée", a répondu un haut responsable américain.

L'Otan a pour sa part déclaré "pleinement" appuyer la "démarche" américaine.

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