POLITIQUE
02/02/2019 15:39 EST | Actualisé 02/02/2019 15:40 EST

Le maire de Gatineau se distancie des propos d'une conseillère sur l'islamophobie

«Non seulement je me dissocie complètement et je dénonce les propos de la conseillère, mais je crois aussi qu'elle ne peut plus parler en mon nom.»

Facebook/Maxime Pedneaud-Jobin

GATINEAU, Qc — Le maire de Gatineau compte retirer à une conseillère municipale sa fonction de mairesse suppléante après que cette dernière eut avancé que le mot «islamophobie» n'existait pas à ses yeux.

Dans une déclaration publiée tard vendredi, Maxime Pedneaud-Jobin s'est distancié de Nathalie Lemieux et a fait part de son intention de demander au conseil municipal de nommer un autre maire suppléant

«Le rôle de la ville est de rassembler les communautés, pour favoriser une meilleure connaissance les uns des autres, nous n'y arriverons pas avec des propos qui polarisent autant et qui nuisent à la ville dans son rôle d'interlocuteur auprès de toutes les communautés», a-t-il écrit sur Facebook.

«Non seulement je me dissocie complètement et je dénonce les propos de la conseillère, mais je crois aussi qu'elle ne peut plus parler en mon nom», a-t-il ajouté.

Selon des propos rapportés par le quotidien Le Droit, Nathalie Lemieux a soutenu que l'islamophobie est un problème inventé par le premier ministre Justin Trudeau.

«Quand un peuple veut s'intégrer, il s'intègre et ce peuple ne s'intègre pas», aurait-elle renchéri, avant d'ajouter que «ces gens-là font beaucoup de choses mal, avec leurs camions et toutes ces choses-là, et c'est normal d'en avoir peur».

Mme Lemieux n'a pas donné suite à une demande d'entrevue de La Presse canadienne samedi.

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Son entrevue avec Le Droit faisait suite à la déclaration du premier ministre François Legault, jeudi, par laquelle il avait rejeté l'idée d'une journée nationale pour lutter contre l'islamophobie, niant l'existence d'un tel sentiment antimusulman au Québec.

Le bureau de M. Legault a ensuite corrigé le tir en précisant que l'islamophobie est bien présente au Québec, mais pas sous forme de courant islamophobe.

«Le Québec n'est pas islamophobe ou raciste», a-t-on maintenu.

À Ottawa, un comité parlementaire à majorité libérale a recommandé en février dernier de faire du 29 janvier la «Journée nationale de commémoration et d'activités concernant l'islamophobie et toute autre forme de discrimination religieuse», à la mémoire des six victimes de l'attentat contre la grande mosquée à Québec en 2017.

Le maire de Toronto, John Tory, a quant à lui désigné le 29 janvier jour de mémoire et d'action contre l'islamophobie dans sa ville.

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