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01/02/2019 12:24 EST | Actualisé 01/02/2019 12:24 EST

La stérilisation forcée ne toucherait pas uniquement les femmes autochtones

Une femme ayant une maladie mentale pourrait se faire proposer cette option d'une manière ne permettant pas un consentement éclairé.

Mikumi via Getty Images

Les femmes autochtones ne sont probablement pas les seules à avoir été stérilisées sans leur consentement explicite, a affirmé jeudi une sous-ministre adjointe à Santé Canada au comité permanent de la santé de la Chambre des communes.

Abby Hoffman a souligné qu'elle ne voulait rien supposer sur l'ampleur du problème, mais a également déclaré qu'il n'était pas difficile d'imaginer une femme ayant une dépendance ou une maladie mentale acceptant d'être stérilisée après avoir été présentée avec l'option d'une manière ne permettant pas son véritable consentement éclairé.

Mme Hoffman — une pionnière dans le sport féminin et quatre fois olympienne qui est maintenant responsable de la direction générale des politiques stratégiques de Santé Canada — s'est jointe à des représentants de trois ministères pour témoigner devant le comité de la santé relativement à des femmes autochtones qui ont déclaré avoir subi des pressions pendant leur accouchement pour que soit effectuée une ligature des trompes.

Les députés fédéraux ont également adopté jeudi une motion visant à faire rapport sur la question à la Chambre des communes, après deux jours supplémentaires de témoignages.

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Des organisations de défense des droits et des députés, notamment le porte-parole du NPD en matière santé, Don Davies, ont cherché à obtenir un examen en profondeur de l'ampleur du problème.

M. Davies a dit croire en entrevue que le Canada n'en était qu'à la pointe de l'iceberg de la mise au jour de graves violations des droits affectant les femmes vulnérables pour de nombreuses raisons, notamment les femmes autochtones, les personnes handicapées et les personnes à faible revenu.

«Il y a très peu de choses qui font aussi profondément partie de la liberté individuelle d'une personne que le contrôle de leur reproduction et le choix d'avoir ou non des enfants», a-t-il fait valoir. «Lorsque cela est retiré à une personne dans une position très vulnérable, sans son consentement, de manière permanente, je pense que c'est une violation d'une nature particulièrement fondamentale et odieuse.»

En décembre, la ministre de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, et la ministre des Services aux autochtones, Jane Philpott, ont écrit une lettre aux provinces, aux territoires et à des intervenants du réseau proposant un groupe de travail qui serait responsable d'examiner la situation de la stérilisation forcée ainsi que la compétence culturelle en matière de santé — les attitudes et les compétences dont doivent faire preuve des médecins, des infirmières et d'autres acteurs travaillant avec des personnes ayant des parcours bien différents.

Mme Hoffman a déclaré jeudi au comité de la santé qu'un certain nombre de provinces avaient répondu à l'appel. La première réunion doit avoir lieu début mars, a-t-elle indiqué.

M. Davies et des organisations comme Amnistie internationale Canada et Action Canada pour la santé et les droits sexuels ont demandé au comité de lancer immédiatement une étude plus longue et approfondie sur la stérilisation sans consentement au Canada.

Les organisations affirment que des stérilisations involontaires sont pratiquées dans tout le pays, alors que des femmes autochtones sont contraintes ou forcées de se faire ligaturer ou sectionner les trompes de Fallope après avoir accouché à l'hôpital.

Les groupes ont envoyé une lettre au comité en novembre, soulignant qu'une large couverture médiatique de la question avait mené des dizaines d'autres femmes autochtones à raconter comment elles aussi ont été contraintes de se soumettre à des procédures de ligature des trompes.