POLITIQUE
01/02/2019 10:14 EST | Actualisé 01/02/2019 10:20 EST

Lanceur d'alerte congédié: le PLQ demande une enquête du Protecteur du citoyen

Gaétan Barrette invite l'organisme indépendant à faire toute la lumière sur cette affaire.

Mario Beauregard/PC
Pour Gaétan Barrette, il s'agit d'une question de «principe» qui met en cause «l'intégrité de l'État». (Photo d'archives)

Les libéraux demandent au Protecteur du citoyen d'enquêter sur le congédiement la semaine dernière d'un agronome du ministère de l'Agriculture.

L'agronome Louis Robert, un expert dans le secteur des grains, avait condamné l'ingérence du privé dans la recherche publique sur l'usage des pesticides.

Le 24 janvier, il a été limogé, par décision du ministre de l'Agriculture, André Lamontagne, pour avoir transmis un document confidentiel à un journaliste, ainsi que pour avoir contrevenu aux obligations de discrétion, selon la lettre de congédiement rendue publique mercredi.

L'opposition libérale estime que c'est «inacceptable» et «immoral» de congédier ainsi un lanceur d'alerte.

Vendredi, en marge du caucus présessionnel du Parti libéral du Québec (PLQ), le député Gaétan Barrette a invité le Protecteur du citoyen, un organisme indépendant, à faire toute la lumière sur cette affaire.

Il s'agit, d'après lui, d'une question de «principe» qui met en cause «l'intégrité de l'État».

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S'il s'avère que M. Lamontagne a mal agi et outrepassé ses pouvoirs, M. Barrette a dit s'attendre à ce que le ministre soit mis à l'amende et chassé du conseil des ministres.

Par ailleurs, les libéraux craignent «l'effet domino» qu'un tel congédiement pourrait provoquer dans la société. Selon eux, des entreprises pourraient emboîter le pas à l'État et congédier des lanceurs d'alerte.

Le gouvernement Legault s'est défendu cette semaine d'avoir subi des pressions de l'industrie des pesticides pour congédier un fonctionnaire.

Rappelons qu'en vertu de la loi actuelle sur les lanceurs d'alerte, une personne peut choisir de communiquer les renseignements à son ministère, ou encore doit les communiquer à un corps de police ou au Commissaire à la lutte contre la corruption.

Pour sa part, le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) a indiqué mercredi qu'il allait défendre son membre jusqu'au bout.

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