POLITIQUE
01/02/2019 15:58 EST | Actualisé 01/02/2019 17:29 EST

Des commentaires islamophobes sur la page Facebook de François Legault

Ce n'est pas très beau à voir.

La Presse canadienne

QUÉBEC - Le premier ministre François Legault aurait peut-être dû jeter un coup d'oeil à sa propre page Facebook avant d'affirmer qu'il n'y a pas de courant islamophobe au Québec, selon le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois.

Le député de Gouin a partagé des captures d'écran de commentaires laissés sous la publication de M. Legault, à la suite de son passage à la commémoration de la tuerie de la mosquée de Québec, plus tôt cette semaine.

Un rapide coup d'oeil à sa page Facebook révèle des dizaines de commentaires de gens qui doutent de la pertinence de commémorer l'assassinat de six musulmans dans leur lieu de culte. Certains plaident que ce crime n'a pas été motivé par la haine, mais par la maladie mentale.

Évidemment, il est difficile, voire impossible, de faire le ménage des nombreux commentaires d'internautes sur les réseaux sociaux. Le défi est réel, tant pour les personnalités publiques que pour les médias d'information.

Mais le débat a repris de l'ampleur quand le premier ministre a affirmé en conférence de presse qu'il n'y a «pas d'islamophobie au Québec» deux jours après le deuxième anniversaire de l'attentat à la mosquée de Québec.

Son cabinet a par la suite précisé sa pensée: «M. Legault voulait dire qu'il n'y a pas de courant islamophobe au Québec».

«Il existe de l'islamophobie, de la xénophobie, du racisme, de la haine, mais pas de courant islamophobe. Le Québec n'est pas islamophobe ou raciste.»

Le premier ministre a confirmé jeudi qu'il refusait de créer une Journée nationale contre l'islamophobie. Il est cependant d'accord pour rendre hommage à la mémoire des victimes le 29 janvier.

De vives réactions

La première déclaration de M. Legault a soulevé l'ire des partis d'opposition, ainsi que de la communauté musulmane.

Boufeldja Benabdallah, cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, a envoyé une missive cinglante à M. Legault dans laquelle il dit craindre que les propos du premier ministre donnent de la légitimité à une «frange islamophobe».

Il a également dressé une liste «non exhaustive» des actes islamophobes dont la communauté a été victime à Québec:

  • La distribution de pamphlets insultants près de la Mosquée;
  • D'immenses croix gammées peinturées sur les murs de la Grande Mosquée;
  • Des excréments humains jetés sur la porte d'entrée;
  • Une tête de porc déposée devant la Grande Mosquée avec une carte souhaitant aux musulmans «bon appétit»;
  • L'incendie du véhicule du président du CCIQ, Mohamed Labidi.

Le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) a aussi exigé des excuses et une rétraction du premier ministre, avant que ce dernier ne précise sa pensée.

Le chef libéral par intérim, Pierre Arcand, s'est dit «satisfait» que M. Legault ait «corrigé le tir» sur sa première déclaration sur l'islamophobie. «Je ne veux pas en faire une lutte à finir. Je lui avais demandé de s'excuser et je trouve que c'est passablement cela.»

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a également tenu à préciser qu'il existe de l'islamophobie au Québec et qu'il faut poser des gestes pour régler le problème.

«Des gestes islamophobes, il y en a au Québec. (...) Est-ce que c'est ce qui définit le peuple québécois? Non. Mais il y a de l'islamophobie et il faut pouvoir le nommer et poser des gestes», a-t-elle dit.

En vidéo : la première déclaration de François Legault sur l'islamophobie au Québec