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31/01/2019 14:51 EST | Actualisé 31/01/2019 14:51 EST

La SNCF se plaint de la qualité des trains de Bombardier et refuse leur livraison

Vis mal serrées, câblages déficients et autres problèmes sont cités.

Bombardier

La SNCF a indiqué jeudi avoir refusé la livraison de nouveaux trains de banlieue Regio 2N construits par le canadien Bombardier pour l'Ile-de-France, critiquant "une situation de non-qualité (...) inacceptable" contestée par le fabricant.

"On a un problème avec Bombardier" qui fournit les nouveaux trains Regio 2N, a sobrement résumé le patron de SNCF Transilien, Alain Krakovitch, confirmant une information du journal Le Parisien.

"Il était prévu qu'on ait, pour début 2019, 42 nouvelles rames (...), on a reçu 32, sauf que les dernières rames qu'on a reçues n'ont pas un niveau de qualité satisfaisant du tout", a-t-il expliqué à des journalistes.

Il a cité "des non-qualités industrielles, comme des vis mal serrées, des câblages déficients (...) Dès la première utilisation, la rame a une panne", a raconté le patron des trains de banlieue parisiens. "C'est évidemment insupportable!"

Huit des 32 rames sont concernées par ces défauts", a ajouté M. Krakovitch.

Bombardier
Valérie Pécresse, la présidente d'Ile-de-France Mobilités, a exigé "un plan de rattrapage" pour que les retards de livraison ne viennent pas affecter le renouvellement du matériel prévu sur d'autres lignes.

Des employés du constructeur canadien s'occupent des réparations à l'atelier de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), mais "là, on est sur une situation de non-qualité que l'on considère comme inacceptable, ce qui fait qu'on n'accepte plus de réceptionner les rames", a-t-il dit.

Ces rames sont destinées à la ligne R, qui relie Paris à Melun puis Montereau (Seine-et-Marne) ou Montargis (Loiret). Leur indisponibilité a des conséquences sur la bonne marche de la ligne D du RER, puisque les vieux trains de la R devaient venir la renforcer.

"Je ne peux accepter un nouveau retard sur les Regio 2N d'autant plus dans le contexte très difficile de la ligne R qui a terriblement souffert de la grève perlée de 2018", a dénoncé Valérie Pécresse, la présidente d'Ile-de-France Mobilités (l'autorité régionale des transports, qui paie les nouveaux trains), dans un courrier au patron de la SNCF Guillaume Pepy.

L'élue a exigé "un plan de rattrapage" pour que les retards de livraison ne viennent pas affecter le renouvellement du matériel prévu sur d'autres lignes.

Bombardier France, qui fabrique les trains à Crespin (Nord), "est conscient et s'excuse des désagréments que cela engendre pour les voyageurs" pendant la période de rodage, "mais les difficultés de la ligne R ne peuvent se résumer au Regio 2N", a réagi une porte-parole du groupe.

Si certaines rames ont en effet connu des problèmes de portes, "de nombreuses pannes du Regio 2N concernent des équipements fournis par l'exploitant et ne sont pas du ressort de Bombardier. C'est notamment le cas des pantographes et des écrans de conduite", a-t-elle expliqué à l'AFP.

"Ces différents incidents ne reflètent pas les performances globales de fiabilité et de disponibilité des Régio 2N de la ligne R, qui s'avèrent en janvier 2019 meilleures que les objectifs contractuels fixés par SNCF", a-t-elle ajouté.

Les livraisons sur la ligne R "seront à l'heure, conformément (aux) engagements vis-à-vis de SNCF et d'Ile-de-France Mobilités", a aussi assuré Bombardier.

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