POLITIQUE
30/01/2019 12:02 EST | Actualisé 30/01/2019 13:12 EST

Signes religieux: François Legault tranchera sur l'application ou non d'une clause grand-père

Le gouvernement n'a pas encore décidé s'il protégera les droits acquis des employés actuels

Justin Tang/La Presse canadienne

GATINEAU, Qc — C'est François Legault qui décidera s'il faudra respecter ou non le droit acquis des employés de l'État à qui on demandera d'enlever leur signe religieux.

Le premier ministre a fait savoir mercredi qu'il aura le dernier mot dans ce débat épineux après avoir consulté son caucus.

Les 75 élus de la Coalition avenir Québec (CAQ) sont justement réunis à Gatineau mercredi et jeudi pour discuter notamment du futur projet de loi sur la laïcité, qui interdira aux employés de l'État en position d'autorité de porter un signe religieux, soit les policiers, procureurs, gardiens de prison, mais aussi les enseignants et éducatrices en garderie.

Or le gouvernement n'a pas encore décidé s'il protégera les droits acquis des employés actuels avec une clause grand-père.

Je vais écouter le caucus et je vais trancher.François Legault

En mêlée de presse, certains élus ont indiqué qu'ils étaient plutôt contre l'ajout d'une clause grand-père, mais la plupart d'entre eux refusaient d'exprimer leur opinion.

"Il faut faire très attention avec ça, une clause grand-père, cela implique plein d'éléments", a dit le ministre de la Faune, Pierre Dufour.

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Il faut opter pour le "bien général" de la population et éviter les exceptions, même si des jeunes devront peut-être renoncer à leur rêve de carrière, a laissé entendre la députée d'Iberville, Claire Samson.

"Dites-vous que chaque fois qu'on fait une loi, il y a un rêve quelque part qui est brisé", a-t-elle dit.

Il y a des bons arguments pour et contre, a évoqué M. Legault, qui veut savoir ce que pense la population en consultant ses élus.

"Je comprends que certaines personnes sont racistes et veulent interdire tous les signes religieux au Québec, ce n'est pas le cas, a dit M. Legault en anglais. On a choisi un compromis qui est beaucoup plus facile que ce qu'on voit en France."

Le premier ministre s'est targué d'être ouvert aux partis d'opposition, nommément le Parti québécois, qui propose de respecter le droit acquis et de convoquer une rencontre de tous les chefs de parti pour discuter de laïcité.

Si on est au moins deux partis à défendre les mêmes positions, ça peut aider.François Legault

Il a du même souffle pu suggérer qu'il pourrait pencher pour la reconnaissance d'un droit acquis, si le projet de loi peut ainsi faire l'objet d'un consensus et être accepté plus facilement.

"Si on est au moins deux partis à défendre les mêmes positions, ça peut aider. (...) A priori, congédier quelqu'un (qui refuserait d'enlever son signe religieux), ce n'est pas avec plaisir que je ferais ça. Par contre, veut-on créer des sortes de clauses orphelin avec des droits selon la date d'embauche?"

Le premier ministre a toutefois rappelé qu'il n'y a rien de tranché pour l'instant, mais que le verdict tombera dans les prochaines semaines.

EN RAPPEL: en novembre, il n'était pas question d'appliquer une «clause grand-père»