POLITIQUE
29/01/2019 14:54 EST | Actualisé 29/01/2019 14:54 EST

Journée nationale contre l'islamophobie: des groupes pressent Ottawa

Le gouvernement estime qu'il n'y a pas de consensus pour pouvoir passer à l'action.

Dario Ayala / Reuters
Photo d'archives.

Deux ans jour pour jour après l'attentat de la grande mosquée de Québec, des groupes s'impatientent devant la lenteur du gouvernement fédéral à instituer une journée nationale contre l'islamophobie, mais le gouvernement estime qu'il n'y a pas de consensus pour pouvoir passer à l'action.

Le Forum musulman canadien (FMC) et les Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPMO) ont fait valoir en conférence de presse que la désignation du 29 janvier, jour de l'attentat, permettrait de mieux lutter contre la discrimination et la haine à l'endroit des musulmans.

Ils réfutent l'argument du ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, qui dit «vouloir arriver avec une solution qui fait consensus» entre divers groupes.

Selon la FMC et la CJPMO, un consensus existe déjà puisque 135 organismes, 80 professeurs d'université et 4000 Canadiens appuient leur demande.

Ils demandent au gouvernement fédéral de passer à l'action pour que les musulmans n'aient plus jamais à revivre une tuerie comme celle de Québec. Six personnes, Mamadou Tanou Barry, Ibrahima Barry, Khaled Belkacemi, Abdelkrim Hassane, Azzeddine Soufiane et Aboubaker Thabti, avaient été tuées et 19 autres avaient été blessées lorsqu'un tireur a fait irruption dans leur lieu de culte.

EN RAPPEL: reconnaître l'islamophobie ne limite en aucun cas la liberté d'expression, dit le FMC (l'article se poursuit après la vidéo)

Des événements pour commémorer les deux ans de l'attentat

Mardi après-midi, le maire de Québec, Régis Labeaume, a participé au dévoilement de la maquette d'une oeuvre en hommage aux victimes, en compagnie du président du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah.

En soirée, un rassemblement aura lieu au pavillon Alphonse-Desjardins de l'Université Laval, en présence du premier ministre du Québec, François Legault.

L'an dernier, les commémorations s'étaient étalées sur quatre jours et avaient culminé par un rassemblement extérieur auquel avaient participé des centaines de personnes, dont tous les chefs des partis politiques fédéraux et provinciaux.

Le tireur, Alexandre Bissonnette, a plaidé coupable aux six accusations de meurtre au premier degré et aux six chefs de tentatives de meurtre avec une arme à feu à autorisation restreinte qui pesaient contre lui. Il pourrait faire face à 150 ans de prison.

Sa peine sera prononcée le 8 février.