POLITIQUE
27/01/2019 09:39 EST | Actualisé 28/01/2019 07:06 EST

Maxime Bernier lance la campagne de son candidat dans Outremont

Un ancien membre des Forces armées canadiennes, James Seale, représentera le parti.

PC/Patrick Doyle
Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier.

MONTRÉAL — Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, avoue qu'il a une "pente très haute" à remonter pour remporter l'élection partielle dans Outremont, mais il espère faire une percée dans cette circonscription multiculturelle et estudiantine de Montréal, où ses propos sur le multiculturalisme pourraient bien faire jaser.

"M. Trudeau, avec son culte de la diversité, ça ne créé pas un pays plus fort, si on a des gens qui viennent ici au Canada et qui ne partagent pas les valeurs fondamentales de base de la société occidentale", a déclaré M. Bernier, en entrevue avec La Presse canadienne, aux côtés de son candidat, James Seale, qui se présentera sous la bannière du parti pour l'élection partielle du 25 février.

"C'est une position que l'on doit expliquer, mais que les gens, lorsqu'on en parle, le comprennent."

Interrogé à savoir si ses propos opposés au "multiculturalisme à l'extrême" pourraient lui nuire dans cette circonscription, M. Bernier n'a pas semblé s'en formaliser. Il croit que ce message peut porter, même auprès des communautés culturelles.

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Et il n'a pas fermé la poste à instaurer une sorte de test de valeurs, comme l'avait proposé son ancienne adversaire de la course conservatrice, Kellie Leitch.

"J'ai toujours pas parlé de ça, et puis pour moi, c'est peut-être quelque chose à voir, mais ça ne fait pas partie de nos priorités", a-t-il indiqué.

En entrevue avant le lancement de campagne de son candidat, M. Bernier a reconnu que la bataille serait difficile dans ce secteur, où ont régné les néo-démocrates et les libéraux au cours des vingt dernières années.

M. Searle, qui a servi dans l'armée pendant 30 ans, reconnaît également que ce sera tout un défi, mais en même temps, il se dit encouragé par les citoyens, qui ont soif de changement, selon lui.

"Oui, on a du travail à faire, mais en même temps, on a quand même de très belles chances, selon moi", a affirmé cet ancien militaire, qui habite une circonscription voisine d'Outremont.

À la lumière des résultats du passé, l'élection s'annonce ardue pour la nouvelle formation politique, qui subira son premier test.

En 2015, l'ancien chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, avait remporté l'élection avec plus de 44 pour cent des voix, et la candidate libérale Rachel Bendayan avait terminé deuxième avec environ 33 pour cent du vote. Le Parti conservateur, d'où M. Bernier provient, avait terminé troisième, loin derrière, avec moins de 10 pour cent du vote.

Le 25 février, des élections partielles auront également lieu en Colombie-Britannique (Burnaby-Sud ) et en Ontario (York_Simcoe).

De grandes ambitions

Le Parti populaire du Canada, fondé par le député de Beauce, qui a claqué la porte du Parti conservateur d'Andrew Scheer l'an dernier, vient tout juste d'être reconnu officiellement par Élections Canada.

Mais malgré ce court délai pour se préparer aux élections générales d'octobre prochain, M. Bernier prétend pouvoir être porté au pouvoir, à l'instar d'Emmanuel Macron en France.

Les autres candidats confirmés dans l'élection d'Outremont

  • Julia Sanchez (Nouveau Parti démocratique)
  • Rachel Bendayan (Parti libéral du Canada)
  • Jasmine Louras (Parti conservateur du Canada)
  • Michel Duchesne (Bloc québécois)

Et il s'inspire d'une autre politicienne européenne pour y parvenir: Margaret Thatcher. Comme l'ancienne première ministre britannique, M. Bernier refuse de faire des compromis sur ses principes, même s'ils suscitent la controverse.

Entre autres, le député québécois veut revoir la formule de péréquation et abolir la gestion de l'offre.

"Plus on va parler de nos convictions, plus on va convaincre les gens, a-t-il soutenu. Pour gagner une élection, il faut 40 pour cent du vote. Je suis prêt à avoir 60 pour cent contre moi. Et c'est très légitime."

Pourra-t-il parler au nom de tous les Canadiens, dans une telle éventualité? "Comment M. Trudeau peut prétendre de représenter tous les Canadiens avec 38 pour cent du vote?", a-t-il rétorqué, visiblement agacé.

En 2015, les libéraux de Justin Trudeau ont été portés au pouvoir avec 39,5 pour cent du vote populaire.

"Il faut parler de nos réformes, elles sont tellement importantes pour le pays. On en parle avant l'élection, pendant l'élection, et après une élection. Et oui on va avoir le mandat d'exécuter nos réformes", a-t-il conclu.