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25/01/2019 08:46 EST | Actualisé 25/01/2019 15:44 EST

Un jeune homme de Kingston accusé d'avoir «facilité sciemment une activité terroriste»

La police fédérale a précisé vendredi qu'aucun engin explosif n'avait été posé.

Lars Hagberg/La Presse canadienne
La GRC a procédé à des perquisitions, vendredi matin.

Un jeune homme de Kingston, en Ontario, est accusé d'avoir tenté d'inciter un autre homme à poser une bombe.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a précisé vendredi qu'aucun engin explosif n'avait été posé; la police fédérale a aussi arrêté un autre adulte, qui n'était pas accusé vendredi.

Le premier jeune homme est accusé d'avoir "facilité sciemment une activité terroriste" et d'avoir "conseillé à une personne de livrer, poser, faire exploser ou détoner un engin explosif ou un autre engin meurtrier dans un lieu public, dans l'intention de provoquer la mort ou des dommages corporels graves". Même si l'infraction n'a pas été commise, le jeune homme est passible de la même peine que celui qui tente de la commettre, indique la GRC.

"Aucune cible spécifique n'a été identifiée", a déclaré le surintendant Peter Lambertucci, responsable de l'équipe chargée de la sécurité nationale à la GRC, lors d'une conférence de presse à Kingston, vendredi. "Il y avait un projet d'attentat, c'est ce qui a conduit au démantèlement" jeudi.

Amin Alzahabi, le père de Hussam Eddin Alzahabi, âgé de 20 ans, a déclaré vendredi que son fils avait été arrêté mais pas accusé. Il ne savait pas ce qui se passait. En vertu de la loi, la police dispose de 24 heures après avoir arrêté un suspect pour l'accuser, sans quoi elle doit le libérer.

Justin Tang/La Presse canadienne
Une substance potentiellement explosive a été découverte lors de la perquisition, a annoncé la GRC.

La famille Alzahabi est arrivée au Canada il y a environ deux ans, après avoir fui Damas, déchirée par la guerre civile, pour le Koweït. Le père a déjà été emprisonné pour ne pas avoir adhéré au parti politique au pouvoir et pourrait être arrêté si lui et sa famille rentraient en Syrie, où leur maison a été détruite, selon l'une des églises qui parrainaient la famille de réfugiés.

Des policiers fouillaient vendredi une résidence liée à la deuxième arrestation.

Fabrication d'engins explosifs

La GRC a indiqué qu'elle enquêtait sur les deux hommes depuis décembre, à la suite d'une information de la police fédérale américaine (FBI). M. Lambertucci a précisé que Hussam Eddin Alzahabi était un ami du jeune homme accusé de terrorisme. "Il serait impliqué dans la fabrication d'engins explosifs improvisés." Les enquêteurs auraient pu le confirmer lors d'une perquisition au domicile du jeune homme, où on aurait trouvé une substance potentiellement explosive, que les autorités ont fait sauter dans un endroit sûr, a ajouté le surintendant.

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a indiqué vendredi matin que les agences de sécurité du pays agissaient à partir de "renseignements crédibles". Il a aussi précisé que "le niveau officiel de la menace pour le Canada demeure "modéré", où il se situe depuis l'automne de 2014".

"Le gouvernement surveille continuellement toutes les menaces potentielles et des mesures solides sont en place pour y répondre, a assuré le ministre Goodale. Les Canadiens peuvent être assurés que lorsque des renseignements crédibles sur une menace potentielle sont obtenus (les autorités) prennent les mesures qui s'imposent pour garantir la sûreté de notre pays et la sécurité de ses citoyens."

La GRC indique que les agences impliquées comprennent le FBI aux États-Unis, la police de Kingston, la Police provinciale de l'Ontario, l'Agence des services frontaliers du Canada et l'agence fédérale qui surveille les activités financières suspectes. M. Lambertucci précise que pas moins de 300 personnes ont été impliquées dans l'enquête. La police a même utilisé un petit avion de surveillance de la GRC, dont le passage au-dessus de Kingston avait intrigué et parfois agacé des résidents pendant des semaines.

"Ce soutien aérien nous permet de maintenir la sécurité du public et d'atténuer les risques entourant certaines adresses, certaines zones préoccupantes", a expliqué M. Lambertucci vendredi.