POLITIQUE
23/01/2019 14:01 EST | Actualisé 24/01/2019 08:34 EST

Québec modifiera la loi sur le registre des armes à feu

Mais le registre est là pour rester, rappelle Geneviève Guilbault.

splendens via Getty Images

Québec confirme l'assouplissement des conditions entourant l'enregistrement des armes à feu, mais l'enregistrement qui demeure obligatoire d'ici le 29 janvier continuera de se faire sous les conditions actuelles, les modifications devant être adoptées par l'Assemblée nationale.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a annoncé mercredi que trois irritants seraient retirés des obligations entourant l'enregistrement.

Ainsi, seul le numéro de série de l'arme sera requis pour enregistrer celle-ci et il ne sera plus nécessaire d'obtenir un deuxième numéro d'immatriculation; les propriétaires n'auront plus à mesurer la longueur du canon de l'arme qu'ils enregistrent; et, surtout, l'obligation de rapporter tout déplacement au-delà de 15 jours sera modifiée, mais la ministre Guilbault n'a pas voulu dévoiler la nature de cette modification dans l'immédiat.

La coordonnatrice de PolySeSouvient, Heidi Rathjen, a rappelé lors du point de presse de la ministre auquel elle participait, que son organisme avait lui-même recommandé de porter cette obligation à 30 jours, conscient des difficultés que cela pouvait poser pour des chasseurs se retrouvant en nature pour une période dépassant les 15 jours.

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Geneviève Guilbault a cependant été ferme sur un point: le registre est là pour rester et si son gouvernement est prêt à y apporter des assouplissements à la satisfaction de tous, il n'a aucune intention de l'abolir à court ou moyen terme.

Le directeur général de la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec, Alain Cossette, s'est réjoui de ces assouplissements, mais n'a pas hésité à réitérer l'opposition de la Fédération au registre et à réclamer à nouveau son abolition éventuelle.

Cependant, M. Cossette a écarté tout appel à la désobéissance civile et a encouragé les chasseurs à respecter la loi et à enregistrer leurs armes, promettant de poursuivre le lobbying pour l'abolition. Il a noté au passage que ce lobbying avait réussi non seulement à obtenir ces assouplissements, mais aussi à faire abolir le registre fédéral.

Bien que les propriétaires d'armes à feu se trouveront dans l'illégalité après le 29 janvier s'ils n'ont pas enregistré celles-ci, la ministre de la Sécurité publique a précisé que le registre continuera d'accueillir les inscriptions après cette date sans pénalité.

Le directeur de la Sûreté du Québec, Martin Prud'homme, également présent, a fait valoir que le registre comportait de nombreux avantages pour le travail policier. Il a toutefois précisé qu'il n'était pas question pour les policiers de commencer à faire des vérifications de porte-à-porte pour tenter d'épingler des propriétaires récalcitrants.