POLITIQUE
23/01/2019 07:42 EST | Actualisé 23/01/2019 07:42 EST

Le Parti québécois et le Bloc québécois veulent rassembler les forces souverainistes

Yves-François Blanchet et Pascal Bérubé ont pris la parole ensemble mardi.

Yves-François Blanchet, ancien ministre péquiste, est le nouveau chef du Bloc québécois depuis une semaine.
Adrian Wyld/La Presse canadienne
Yves-François Blanchet, ancien ministre péquiste, est le nouveau chef du Bloc québécois depuis une semaine.

SAINTE-AGATHE-DES-MONTS, Qc — Le Parti québécois (PQ) et le Bloc québécois (BQ) ont scellé leur réconciliation et leur rapprochement mardi soir.

Le nouveau chef bloquiste, Yves-François Blanchet, ne cache pas que les relations sont plus naturelles avec le PQ qu'avec l'autre formation indépendantiste, Québec solidaire (QS).

À 10 mois des élections fédérales, M. Blanchet a pris la parole dans une activité partisane du PQ au côté du chef intérimaire péquiste Pascal Bérubé, à Sainte-Agathe-des-Monts, dans les Laurentides.

Très proche du PQ dès sa naissance au début des années 1990, le Bloc, longtemps vu comme l'antenne péquiste aux Communes, a souffert de turbulences et querelles intestines à la suite de sa déconfiture des élections de 2011, ce qui l'a éloigné de son parti frère.

Maintenant, les deux formations estiment qu'il faut rassembler les forces souverainistes et battre le rappel des troupes, après la cinglante défaite subie à son tour par le PQ aux élections d'octobre dernier, lorsqu'il est passé du statut d'opposition officielle à deuxième opposition.

Les deux formations «n'ont plus le luxe de ne pas être de très proches collaboratrices», a dit M. Blanchet, dans une mêlée de presse conjointe avec M. Bérubé.

Ancien ministre du gouvernement péquiste de Pauline Marois, M. Blanchet admet qu'il a davantage de liens qui l'unissent aux péquistes qu'aux solidaires.

«Je ne peux pas faire semblant qu'il n'y a pas davantage d'amitié du côté du PQ», a-t-il affirmé, en ajoutant qu'il avait des contacts avec QS, mais pas avec la haute direction.

«C'est plus facile avec Pascal (Bérubé) qu'avec Manon (Massé, de QS) parce que nous avons une vieille amitié», a-t-il poursuivi, tout en ajoutant que QS est aussi un «extraordinaire véhicule pour porter la souveraineté».

Il se dit prêt à parler avec tous les souverainistes et leur a demandé de faire élire des députés souverainistes aux élections fédérales d'octobre.

Caucus du PQ

Trois mois après la débâcle électorale d'octobre, les élus du Parti québécois (PQ) se réunissent dans les Laurentides pour penser à la reconstruction et préparer la session parlementaire de février.

Les dix députés seront isolés dans une auberge de Sainte-Agathe-des-Monts, mercredi et jeudi, dans une région où le PQ dominait autrefois mais d'où il a été complètement délogé par la Coalition avenir Québec (CAQ).

Rappelons qu'aux élections générales d'octobre, le PQ a perdu son statut d'opposition officielle, passant de 28 députés, à la dissolution de la Chambre, à 10, devenant ainsi la deuxième opposition.

Les rescapés se pencheront notamment sur différents scénarios, soit la tenue d'un congrès et la course à la direction.

Quand et dans quel ordre ces grands rendez-vous auront lieu? Plusieurs options sont sur la table, mais un consensus pourrait se dégager, a indiqué une source du Parti québécois (PQ) à La Presse canadienne en début de semaine.

La proposition finale est du ressort de l'exécutif national du PQ, mais les députés pourront en discuter et leur position sera relayée dans les instances.

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Par ailleurs, les députés définiront leur position relativement aux trois projets de loi déposés par le gouvernement Legault à la très courte session d'automne.

Il y a notamment le projet de loi visant à rehausser l'âge légal pour consommer du cannabis de 18 à 21 ans. Le PQ estime toujours qu'il s'agit d'une mesure «populiste et démagogique» et souhaite des consultations les plus larges possible.

En outre, l'opposition péquiste a aussi des réserves sur le projet de loi visant à diminuer les taxes scolaires. Selon le PQ, cette mesure est inéquitable puisque seuls les propriétaires peuvent en bénéficier. Il demande un mécanisme pour que cette baisse de taxes se reflète aussi dans le loyer des locataires.

Enfin, l'opposition péquiste est favorable au projet de loi pour la nomination du commissaire de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) avec un vote aux deux tiers de l'Assemblée nationale.