POLITIQUE
22/01/2019 14:10 EST | Actualisé 22/01/2019 14:11 EST

L'économie a été le point central de la mission en France de François Legault

Maintenant, direction Davos pour le Forum économique mondial.

LUDOVIC MARIN via Getty Images

PARIS — La mission de trois jours dirigée par le premier ministre François Legault à Paris peut se résumer en un seul mot: économie.

Le point d'orgue de cette mission était la tenue mardi, à la Bourse de Paris, d'un dîner-conférence auquel avaient été conviés quelque 350 invités, principalement des dirigeants de grandes entreprises françaises, dont Ubisoft et Michelin, et des regroupements de gens d'affaires. Des entreprises québécoises ayant pignon sur rue à Paris, comme Moment Factory, étaient aussi représentées.

Il n'y avait aucune place vide dans la vaste salle et le premier ministre a livré un discours à saveur strictement économique, en disant vouloir attirer les investisseurs au Québec et intéresser davantage les Français aux produits québécois.

Devant son auditoire, celui qui se décrit comme «un premier ministre économique» a dépeint le Québec comme le «meilleur endroit au monde» où investir, grâce à ses nombreux atouts: État de droit, électricité à bas prix, nombreuses universités, crédits d'impôts et aide financière directe, notamment.

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En point de presse, par la suite, il a dit vouloir faire «exploser» les investissements au Québec dans les quatre prochaines années, en se montrant beaucoup plus «agressif» que ce qui s'est fait dans le passé, «parce qu'on a un rattrapage économique à faire» en matière de création de richesse.

Il a dit quitter Paris «les poches pleines de cartes d'affaires».

Son discours tenait en huit pages et le mot «économie» est revenu à 18 reprises.

Sans surprise, l'assistance, largement issue du milieu des affaires, a visiblement apprécié le style de celui qui est désormais aux commandes du Québec.

«Son discours a été extrêmement bien reçu», selon Dominique Restino, le président de la Chambre de commerce de Paris, qui s'est dit convaincu que M. Legault avait séduit son auditoire. «J'ai bu ses paroles!», a-t-il ajouté lors d'une brève mêlée de presse.

M. Legault a insisté pour dire à quel point son gouvernement allait axer son action sur le développement économique, incluant lorsqu'il s'agit de ses relations internationales et de la relation France-Québec.

«Cet accent économique du gouvernement doit se faire sentir dans toutes nos actions», a affirmé M. Legault dans son discours, comme il avait fait sur toutes les tribunes depuis dimanche.

Durant ces trois jours, chaque fois qu'il prenait la parole, M. Legault évacuait en moins de deux les autres volets de la relation France-Québec (diplomatie, politique, culture, langue, immigration) pour s'étendre longuement sur ce qui l'intéressait vraiment: parler affaires, investissements, échanges commerciaux.

S'il parle de la Francophonie, c'est pour dire qu'elle pourrait devenir «la locomotive économique du continent africain». S'il rappelle l'importance de faire la promotion du français, ce sera «d'abord dans le monde des affaires». S'il annonce une refonte de la politique internationale du Québec, c'est pour dire que les délégations compteront «plus de délégués commerciaux». S'il parle d'immigration, ce sera pour rappeler son intention de se servir du futur test de français obligatoire afin de mieux sélectionner les candidats «en fonction des besoins des entreprises».

Bref, tout passe par le prisme de l'économie.

Le premier ministre a aussi rappelé son «obsession» de hausser le salaire moyen au Québec, en créant des emplois «de qualité» payés au moins 50 000 $ par année, en misant en priorité sur le secteur manufacturier, les nouvelles technologies et l'intelligence artificielle.

Pour M. Legault, en poste depuis seulement trois mois, il s'agissait d'une première mission axée avant tout sur la prise de contacts. Il n'a procédé à aucune annonce d'investissement, mais il s'est dit optimiste de pouvoir conclure des ententes dans les prochains mois.

Mercredi, le premier ministre entamera le deuxième volet de sa mission, en participant au Forum économique mondial, à Davos, en Suisse.