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21/01/2019 15:17 EST | Actualisé 21/01/2019 15:17 EST

La sagesse de Virginie Ranger-Beauregard

«Me faire aussi bien accueillir dans District 31 m'a inspirée à accueillir les acteurs invités de la même façon sur le plateau des Invisibles...»

Pierre Crêpo

Une famille d'artistes, un désir de jouer né d'une fascination pour le cinéma, quelques rêves d'écriture; Virginie Ranger-Beauregard a toujours su qu'elle deviendrait comédienne. Celle qui incarne l'amoureuse et dévouée Noémie dans la nouvelle série Les invisibles s'ouvre sur ce rêve qui lui est toujours apparu comme plutôt accessible, son parcours, ses rôles dans des séries à succès et ses amitiés coups de foudre avec certaines actrices québécoises.

Du cinéma et de la télé

On l'a vu au grand écran dans La petite reine, elle était la Véro au fort caractère d'Au secours de Béatrice, on la retrouve dans le rôle de Stéphanie dans la série phénomène District 31 : Virginie Ranger-Beauregard est cette comédienne que l'on voit de plus en plus, mais dont on semble ne savoir que peu de choses.

Originaire de Longueuil, la jolie blonde gradue du Conservatoire de Montréal en 2012. À sa sortie de l'école, elle décroche son premier gros rôle dans la série 30 vies mettant en vedette Élise Guilbault. Elle fait ensuite «quelques petits trucs», puis obtient un rôle dans le film La petite reine, où elle fait la rencontre du réalisateur Alexis Durand-Brault, qu'elle retrouve dans Au secours de Béatrice puis, aujourd'hui, sur le plateau des Invisibles.

«Je travaille avec Alexis et Sophie (Lorain) presque depuis ma sortie du conservatoire, explique-t-elle. Je les connais depuis plusieurs années et, oui, je vois Les invisibles comme une confirmation de leur appréciation de mon travail et de notre collaboration. Il y a une amitié professionnelle qui est née à travers ces années. On travaille bien tous ensemble.»

«Comme Alexis fait sa propre caméra, poursuit-elle, tourner avec lui signifie être très proche du réalisateur. Il est à côté de toi lorsque tu joues, donc tout ce qui est commentaires, modifications, est dans son œil directement. Il y a une proximité et un travail encore plus direct du fait qu'il n'y ait pas d'intermédiaire entre le réalisateur et l'acteur. J'ai encore plus l'impression de travailler «avec lui» depuis toutes ces années, car il faisait aussi sa propre caméra sur Au secours de Béatrice

Lorsqu'elle apprend qu'elle fera partie de la distribution des Invisibles, la comédienne dévore la série originale française Appelez mon agent en entier.

«Mon personnage est différent de celui de la série française, précise-t-elle, ce qui m'a permis de me l'approprier complètement. Noémie est à mille lieues du personnage de Véronique dans Au secours de Béatrice. C'est une fille très sensible et complètement amoureuse de son patron. Le défi qu'on a essayé de relever était de jouer la séduction sans du tout passer par les atouts physiques. Parce que l'histoire d'amour prend du temps à arriver. Au début, son patron ne la voit pas du tout alors qu'elle lui est complètement dévouée. Elle est plutôt timide, mais ultra dévouée. Son amour passe par sa disponibilité en fait. Éventuellement, elle réussira à se faire voir, mais cela est pour plus tard...»

La comédienne confie avoir en elle certains des traits de ses personnages de Véronique et de Noémie; un côté où elle peut être sèche et intransigeante par rapport à certaines choses précises, et un autre où elle est serviable et désire que les choses soient bien faites.

«C'est une opportunité, car on ne se fait pas toujours offrir des rôles différents. Il y a beaucoup d'acteurs au Québec qui, ultimement, se font souvent offrir le même genre de rôles. Alors, il y quelque chose de cool dans ce défi, de jouer avec les nuances et l'énergie d'individus que l'on pourrait croiser dans la société.»

Pierre Crêpo

Inspirée et inspirante

C'est le mot régularité qui lui vient en tête lorsqu'on demande à l'actrice de qualifier son parcours et sa carrière.

«Enfant, j'avais l'impression que ce métier était accessible, car mes parents évoluaient dans le milieu, raconte-t-elle. Mon père étant marionnettiste et ma mère comédienne, cela n'a jamais été quelque chose dont j'ai rêvé comme on rêve de l'inaccessible étoile. C'a toujours été quelque chose qui allait éventuellement être possible de réaliser. Cela s'est fait un peu tout seul. On ne parle pas de success story non plus, mais j'ai toujours eu un petit roulement bien agréable.»

Un roulement qui la mène épisodiquement sur le plateau de District 31 depuis un an.

«C'est super et, même si je sens une appartenance à l'émission, je ne peux pas du tout comparer mon expérience à celle, par exemple, d'Hélène Bourgeois-Leclerc, ça n'a rien à voir. Pour eux, ça roule à un train d'enfer, dans le bon sens du terme évidemment. Les acteurs principaux sont tellement fantastiques, ils font sentir aux invités qu'ils font partie de l'équipe – même s'ils ne sont pas là souvent – et ils sont si gentils et bons pour nous rendent à l'aise.»

«C'est aussi le cas sur Les invisibles, où c'est notre travail de faire sentir aux invités qu'ils sont les bienvenus, ajoute-t-elle. Me faire aussi bien accueillir sur le plateau de District 31 m'a donné le goût et m'a inspirée à accueillir les autres acteurs de la même manière sur le plateau des Invisibles.

Sur ce plateau, Virginie côtoie l'une de ses bonnes amies, Karine Gonthier-Hyndman, qui fait partie de son cercle indivisible d'amies actrices.

«Pendant un court moment, je me comparais beaucoup aux actrices et filles de mon âge qui parlaient de leurs projets. J'ai rapidement réalisé que cela ne me rendait pas heureuse. J'ai décidé d'arrêter cela. Puis, je me suis liée d'amitié avec des filles comme Anne-Élisabeth (Bossé), Julianne (Côté) et Sarah-Jeanne (Labrosse). Cela m'a tellement fait du bien de les côtoyer. Au départ, j'avais peur de me comparer encore plus, mais cela a plutôt été comme des coups de foudre d'amitié. Je préfère nettement les avoir rencontrées, les aimer et être fière d'elle et de ce qu'elles font. Et puis je suis tellement plus une fille qui est dans l'amour.»

Celle qui dit adorer le théâtre et le cinéma (un médium qu'elle apprécie particulièrement) se plaît aussi à faire un peu de doublage. Et dans ses temps libres, elle fait la lecture à voix haute de livres choisis par des gens de sa famille atteints de handicaps visuels et leur offre, sur MP3, sa douce voix pour Noël.

Les invisibles est diffusée les lundis à 21h, sur les ondes de TVA.

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