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21/01/2019 10:16 EST | Actualisé 21/01/2019 11:30 EST

L'Autochtone et le jeune pro-Trump racontent une autre version de l'histoire

Le vétéran Nathan Phillips affirme qu'il voulait maintenir le calme entre deux groupes.

DETROIT — Un Autochtone américain ridiculisé par des élèves d'une école catholique devant le Lincoln Memorial a raconté dimanche s'être placé entre deux groupes afin de désamorcer une confrontation alors que l'étudiant, au centre de vidéos devenues virales, a affirmé qu'il voulait «apaiser la situation».

Dans une entrevue accordée à l'Associated Press, Nathan Phillips a expliqué dimanche qu'il avait tenté de maintenir le calme entre les élèves et des Noirs d'un groupe religieux. Les élèves avaient participé à une manifestation contre l'avortement tandis que M. Phillips était présent à la Marche des peuples autochtones qui s'est déroulée le même jour.

«Quelque chose m'a fait me mettre entre eux, c'est clair, a-t-il dit. Ce que j'ai vu, c'est que mon pays était déchiré. Je ne pouvais pas rester là et laisser cela se produire.»

Des vidéos montrent un jeune homme se plaçant très près de M. Phillips, le dévisageant pendant que celui-ci chantait et jouait du tambour. D'autres étudiants, dont certains portaient des casquettes et des chandails au slogan «Make America Great Again», chantaient, riaient et se moquaient.

L'adolescent a émis une déclaration dimanche soir, affirmant qu'il n'avait rien fait pour provoquer quiconque et qu'il cherchait plutôt à apaiser la situation.

Dans un courriel, Nick Sandmann a déclaré que des étudiants attendaient au Lincoln Memorial le retour des autobus pour retourner dans le Kentucky vendredi, lorsque quatre manifestants afro-américains ont commencé à les insulter.

D'autres vidéos ont également montré d'autres personnes semblant être affiliées au mouvement des Hébreux noirs en train de lancer des remarques désobligeantes et de crier des insultes aux élèves qui leur répondent de la même manière. Une vidéo montre aussi que ces Noirs ont aussi insulté les Autochtones.

Nick Sandmann a affirmé que les étudiants chantaient des chants de ralliement pour enterrer le bruit des autres manifestants, mais qu'il n'a jamais entendu de paroles haineuses ou racistes.

La police américaine des parcs, qui est chargée de la sécurité dans ce lieu touristique et mémoriel, ne répond pas aux appels des médias pendant la paralysie partielle du gouvernement.

La veille, dans une déclaration commune, le diocèse catholique de Covington, au Kentucky, et l'école secondaire catholique de Covington — qui est réservée aux garçons — ont présenté des excuses, ajoutant qu'ils enquêtaient sur l'incident et prendraient «les mesures appropriées, pouvant aller jusqu'à l'expulsion».

Dès dimanche matin, la page Facebook de l'école n'était pas disponible. Des appels à l'établissement scolaire sont restés sans réponse dimanche.

Selon le site Internet Indian Country Today, M. Phillips est un ancien de la tribu Omaha qui a combattu au Vietnam. Il organise une cérémonie annuelle en l'honneur des anciens combattants amérindiens reposant au cimetière national d'Arlington.

M. Phillips a raconté que sa première interaction avec les élèves a eu lieu lorsque ceux-ci sont entrés dans une zone autorisée pour la Marche des peuples autochtones.

«Ils faisaient des remarques comme 'dans notre État, les Indiens ne sont rien qu'une bande d'ivrognes'. Comment pouvais-je le signaler?, a-t-il dit. Ces jeunes ont envahi notre espace, comme cela se passe depuis 500 ans, ici. Ils parcourent nos territoires comme s'il s'agissait du leur.»

Non loin de là, les militants religieux noirs se vantaient d'être les seuls vrais Israélites. M. Phillips a souligné que les membres de ce groupe ont aussi injurié les Autochtones, les traitants de «vendus».

M. Phillips a aussi dit qu'il avait entendu des personnes scander «Construisons le mur» et «Retournez dans votre réserve». À un moment donné, a-t-il dit, il a voulu se diriger vers la statue de Lincoln et à «prier pour notre pays». Certains élèves ont reculé, mais l'un d'entre eux ne l'a pas laissé se déplacer.

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